Actualisé 07.02.2014 à 15:53

PolémiqueAucune plainte après les spectacles de Dieudonné à Nyon

Les spectacles de Dieudonné à Nyon ne devraient pas connaître de suites judiciaires pour l'heure.

Dieudonné a échappé par deux fois à la justice vendredi. En Suisse, les autorités nyonnaises ont estimé que son dernier spectacle ne donnait pas matière au dépôt d'une plainte. En France, un tribunal parisien a relaxé l'artiste accusé de propos antisémites dans une vidéo.

«Il n'y a pas matière à formuler une plainte pour violation de l'article 261 bis du Code pénal (incitation à la haine raciale)», a déclaré Olivier Mayor, municipal de Nyon (VD) responsable de la culture. La ville a enregistré le spectacle joué la semaine dernière.

Elle avait également envoyé des témoins garants dans la salle. Son objectif était de vérifier qu'il n'y ait pas de dérapage raciste de la part de Dieudonné.

La CICAD non plus

La Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (CICAD) ne va pas non plus actionner la justice «à ce stade». «Un compte rendu du spectacle nous indique qu'il n'y avait pas de propos susceptibles d'une action en justice», relève Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de l'association.

«Nous restons toutefois vigilants. On ne va pas lâcher Dieudonné» qui revient début mars à Nyon pour quatre représentations, a poursuivi Johanne Gurfinkiel.

Dieudonné a donné au Théâtre de Marens six représentations à guichets fermés de son spectacle «Asu Zoa», version édulcorée du «Mur» interdit par le Conseil d'Etat français. S'il a placé des quenelles dans son one-man-show, il a évité les propos antisémites qui ont attisé la colère et entraîné les interdictions en France.

Vidéo

Devant le Tribunal correctionnel de Paris, c'est pour une vidéo postée notamment sur YouTube en avril 2010 que l'artiste était poursuivi. Il a été relaxé.

Le tribunal ne s'est pas prononcé sur le fond de ses propos. Il a estimé que la diffusion de cette vidéo sur plusieurs sites ne pouvait pas être imputée à Dieudonné M'Bala M'Bala.

Si les juges avaient suivi les réquisitions du parquet à son encontre - 200 jours d'amende à 100 euros (122 francs) -, le polémiste aurait pu, en cas de défaut de paiement, être emprisonné pour une durée correspondant au nombre de jours d'amende non réglés.

L'humoriste controversé, qui s'est rendu célèbre avec sa «quenelle», geste interprété comme un salut nazi inversé par des associations mais qu'il présente comme une manifestation «antisystème», doit déjà 65'000 euros (près de 80'000 francs) au Trésor public français pour des condamnations similaires.

Soupçon de blanchiment

Dieudonné est confronté à de nombreuses poursuites judiciaires. Il est notamment soupçonné de blanchiment d'argent et on lui reproche d'avoir organisé son insolvabilité. La justice cherche entre autres à vérifier la régularité des appels aux dons lancés pour payer ses amendes pénales ou le rachat, par sa compagne, de sa propriété qui avait été saisie par le fisc.

Sur impulsion du ministre de l'intérieur Manuel Valls, plusieurs villes ont interdit en début d'année la production de son spectacle «Le Mur» dans lequel il tenait des propos antisémites, selon les autorités. Il a finalement été autorisé à reprendre sa tournée après avoir renoncé à ce spectacle pour en présenter un autre consacré à l'Afrique.

(ats)

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