Football: «Aujourd’hui, c’est Aarau qui a tout à perdre, pas nous…»
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Football«Aujourd’hui, c’est Aarau qui a tout à perdre, pas nous…»

Stéphane Henchoz dirigera NE Xamax pour la dernière fois ce dimanche à Aarau. Après la déroute du match aller des barrages (0-4), le Fribourgeois entend faire appel aux «tripes» et à l’orgueil de ses joueurs.

par
Nicolas Jacquier
Xamax va-t-il réussir l'impensable exploit pour la dernière de Henchoz à sa tête?

Xamax va-t-il réussir l'impensable exploit pour la dernière de Henchoz à sa tête?

Salvatore Di Nolfi, Keystone

Ce dimanche, NE Xamax jouera d’abord pour l’honneur, et peut-être aussi pour ne pas descendre. Tant un miracle sportif suppose en premier lieu d’afficher quelques croyances. «Une chose est certaine, affirme Stéphane Henchoz, Aarau sera promu au coup d’envoi et nous en position de relégués…» Dans un Brügglifeld qui affiche complet (8000 spectateurs) depuis plusieurs jours déjà, qu’en sera-t-il 90 (ou 120) minutes plus tard? Tout dépendra de la capacité de Xamax à se révolter, ce que ses joueurs n’ont pas su faire jeudi soir à la Maladière où ils ont été balayés.

«Un barrage, ça ne se joue pas au niveau tactique. C’est uniquement une question d’état d’esprit, de mental. Le nôtre était défaillant à l’aller. Quand l’on a déjà tout perdu, il ne reste plus rien à perdre. On doit transformer cela en chance, en comptant aussi sur notre orgueil blessé. Aujourd’hui, c’est Aarau qui se retrouve sous pression. C’est lui qui a tout à perdre, pas nous… Quitte à mourir, autant que se soit les armes à la main.»

Dans un printemps européen riche en remontadas, Xamax cherchera bien sûr à s’en inspirer, même si sa mission s’annonce à bien des égards plus compliquée encore. Dans un contexte très particulier, avec plusieurs joueurs déjà sollicités pour rebondir ailleurs, et le coup au moral de n’avoir pas accroché la huitième place qui se profilait. «Pendant trois mois, reprend l'entraîneur de la Maladière, les gars ont tout donné pour échapper aux barrages. A un certain moment, ça vous pète à la gueule…» Ce fut le cas jeudi à Neuchâtel où, devant son public, Xamax est parti en vrille.

L’exploit réussi par Aarau, le pensionnaire de Super League peut-il le réaliser à son tour en étant privé de son meilleur atour offensif (Nuzzolo suspendu)? Pour créer les conditions de l’impossible exploit, Stéphane Henchoz ne manquera pas d’en appeler aux ressources mentales de l’ancienne lanterne rouge. «La seule question qui compte, expliquait-il samedi, c’est de savoir qui est prêt mentalement, chez nous, à faire plus d’efforts que l’adversaire. Dans la souffrance, vous allez beaucoup plus loin quand vous n’écoutez pas votre tête. Liverpool n’a pas éliminé le Barça parce qu’il était meilleur ou parce que Klopp a inventé une trouvaille tactique. Ses joueurs avaient des tripes et un cœur trois fois plus gros.»

117 jours après sa promotion sur le banc neuchâtelois, le Fribourgeois dirigera aujourd’hui Xamax pour la dernière fois. Après 18 matches, son bilan intermédiaire se solde par sept victoires et trois nuls contre huit défaites. Il lui manque un exploit inimaginable pour poser ses valises au FC Sion avec davantage de sérénité, et la réputation de faiseur de miracles.

A Aarau, l’entraîneur et le directeur sportif pourraient s’en aller

Du côté du FC Aarau, on se pose beaucoup moins de question quand bien même le club du Brügglifeld ne sait pas s’il réussira à conserver son entraîneur Patrick Rahmen ainsi que le directeur sportif Sandro Bürki en cas de promotion. Alors que le premier est pressenti au FC Bâle au cas où le club rhénan décidait de se séparer de Marcel Koller comme on lui en prête l’intention, le second fait figure de favori pour s’asseoir dans le fauteuil de directeur sportif à Grasshopper au moment où le relégué zurichois vise un rapide retour dans une Super League qu’il vient de quitter.

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