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Olympique LyonnaisAulas n'a pas payé de «Zahia» à ses joueurs

Accusé par un magazine de fermer les yeux sur des prestations tarifées qu'auraient ses joueurs avec des prostituées, le président de l'Olympique Lyonnais a obtenu gain de cause devant la justice.

Jean-Michel Aulas, président de l'OL.

Jean-Michel Aulas, président de l'OL.

AFP

Jean-Michel Aulas a obtenu gain de cause mardi devant la justice à Lyon face à un journal l'accusant de recourir, comme d'autres clubs, à des prostituées comme Zahia pour le compte de joueurs se comportant «avec les filles comme avec un ballon».

Le magazine lyonnais Mag2Lyon a été condamné pour diffamation à 3'000 euros d'amende, tout comme Patrick Vassort, sociologue analysant «l'affaire Zahia» (du nom de la prostituée qui avait créé le scandale en affirmant avoir eu des relations tarifées avec Franck Ribéry et Karim Benzema, ancien de l'OL, alors qu'elle était mineure) dans son numéro de mai 2010.

Sous le titre «Ils jouent avec les filles comme avec un ballon», Patrick Vassort y écrivait: «Dans le football professionnel, c'est très courant d'organiser des partouzes dans des hôtels, de s'offrir des escort-girls et autres pratiques sexuelles tarifées». «D'ailleurs, à l'Olympique lyonnais comme ailleurs, les dirigeants et les agents de joueurs le savent très bien. Ils le tolèrent, ferment les yeux. Mais parfois, ils le paient eux-mêmes», ajoutait-il.

«Le système, qui est très bien organisé, permet d'acheter une certaine paix sexuelle dans l'équipe», conclut le sociologue, dénonçant le lien du «petit milieu du football professionnel» avec «des organisations criminelles».

«Aulas, vache sacrée»

La 6e chambre du tribunal de grande instance de Lyon a conclu mardi à la «diffamation». Elle a retenu que les accusations portées contre le président de l'OL l'«exposeraient au moins à des poursuites pénales du chef de proxénétisme».«Proxénétisme aggravé, c'est dix ans» de prison, a dit Me André Soulier, avocat de l'OL et de M. Aulas, interrogé par après l'énoncé du jugement.

Me Hervé Banbanaste, avocat de Mag2Lyon, a dénoncé de son côté un «bâillonnement de la presse». «M. Aulas est très prompt à défendre son honneur, mais il n'hésite pas, lui, à critiquer les gens... M. Aulas, à Lyon, c'est un peu la vache sacrée, on ne peut rien dire. Or, le milieu du foot, ça n'est pas les petits frères des pauvres», a-t-il ironisé.

Le parquet de Paris a requis en novembre 2011 un non-lieu à l'égard des footballeurs Karim Benzema et Franck Ribéry dans l'affaire Zahia, estimant qu'ils ignoraient la minorité de la prostituée.

(AFP)

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