Actualisé 25.06.2019 à 06:44

SauvetageAurore ne peut plus sauver tous les faons des faucheuses

La localisation de faons menacés par les faucheuses, c'est l'affaire d'Aurore dans le Val-de-Travers (NE). Problème: elle n'a que deux bras et deux jambes...

par
Vincent Donzé
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Bambi dans les champs, c'était samedi du mois de juin 2019 dans le Val-de-Travers (NE).

Bambi dans les champs, c'était samedi du mois de juin 2019 dans le Val-de-Travers (NE).

Le Matin
Tapis dans l'herbe haute, le faon est indétectable par un paysan.

Tapis dans l'herbe haute, le faon est indétectable par un paysan.

Le Matin
Son drone sert aussi au sauvetage de blaireaux, de levrauts et de chats errants.

Son drone sert aussi au sauvetage de blaireaux, de levrauts et de chats errants.

Aurore ne peut plus suivre tous les faons avec son drone, pour les sauver des faucheuses. Dans le Val-de-Travers (NE), cette protectrice des animaux assure depuis un mois le survol des champs avant la fauche, avec une caméra infrarouge. Mais cette Jurassienne ne peut pas courir deux Bambi à la fois!

Au refuge de SOS Chats, sa fondatrice Tomi Tomek est émue: «Ca me fait presque pleurer», dit-elle en évoquant le faon découvert coupé en deux il y a deux ans, dans le champ situé en contrebas de sa ferme.

Tellement traumatisé

«Ca m'a tellement traumatisée que j'ai essayé de trouver de l'argent pour un drone équipé d'une caméra thermique, ainsi qu'une collaboratrice qui partage ma cause», poursuit T.T.

Cette collaboratrice, c'est Aurore Lecerf du Noirmont (JU), qui pas plus tard que dimanche matin, a sauvé un faon à La Sagne, à 5h20.

Son drone a servi au sauvetage de blaireaux, de levrauts et de chats errants. «Le téléphone n'arrête pas de sonner. Aurore essaie de survivre», rapporte Tomi Tomek, qui finance son «Opération Bambi» uniquement avec des dons.

À 4 heures

Aurore se lève tous les jours à 4 heures, pour cinq heures de quadrillage, avant le réchauffement du sol. «Les paysans sont sympas: on dirait qu'ils nous ont attendus pour ne plus tuer accidentellement des faons», rapporte Tomi Tomek.

Pour 2020, le suivi de l'«Opération Bambi» passe par la formation d'autres pilotes et l'acquisition d'un ou deux drones supplémentaires. Une collaboration avec d'autres organisations est aussi envisagée.

Piège mortel

Pour les faons, se cacher dans l'herbe haute, c'est un piège mortel. Chaque année en Suisse, 3000 d'entre-eux sont tués par une machine agricole. «Quand on a localisé un point qui représente potentiellement un faon, on va voir à pied», expliquait Aurore au début de l'«Opération Bambi».

Le faon est tellement invisible que sa localisation se déroule à deux pour ne pas marcher dessus: Aurore s'avance un bras tendu et s'arrête lorsque sur l'écran, sa main recouvre le faon. Pas question de toucher l'animal, qui serait renié par ses parents: une caisse est posée sur l'animal. Il sera libéré après la fauche.

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