Actualisé 28.11.2016 à 02:31

PrésidentielleAutriche: face à face tendu entre les candidats

Le candidat écologiste Alexander Van der Bellen et son rival d'extrême droite Norbert Hofer ont débattu à la télévision.

Le candidat écologiste Alexander Van der Bellen et son rival d'extrême droite Norbert Hofer ont débattu à la télévision. (Dimanche 27 novembre 2016)

De vifs échanges ont opposé dimanche le candidat écologiste Alexander Van der Bellen et son rival d'extrême droite Norbert Hofer à la présidentielle autrichienne. Ils s'affrontaient lors d'un débat télévisé, à une semaine d'un nouveau scrutin.

Les deux candidats sont au coude à coude dans les sondages. Et Norbert Hofer, qui avait perdu de justesse au second tour en mai avant que ce scrutin ne soit annulé, pourrait devenir le 4 décembre le premier président d'extrême droite de l'Union européenne, après quelque 350 jours de campagne.

Alexander Van der Bellen, 72 ans, a accusé Norbert Hofer, 45 ans, et son parti anti-immigration FPÖ de provoquer l'insécurité en menaçant de faire sortir l'Autriche de l'Union européenne. Norbert Hofer a déclaré que s'il était au pouvoir il convoquerait un référendum sur une sortie de l'UE si la Turquie rejoignait l'Union ou si Bruxelles tentait de centraliser davantage le pouvoir.

«Le FPÖ joue avec la sortie de l'Autriche (de l'UE) depuis 20 ans. De nombreuses personnalités politiques en Europe craignent que cette simple spéculation puisse provoquer (...) une avalanche de populisme d'extrême droite», a affirmé Alexander Van der Bellen lors du débat retransmis en direct sur la chaîne de télévision privée ATV.

«Le plus important, c'est la solidarité entre les Etats membres, autrement nous ne serons pas capables de nous affirmer face à la Russie ou aux Etats-Unis», a-t-il déclaré. Norbert Hofer a dénoncé un discours «alarmiste». «Il n'y aura pas d'Öxit'», a-t-il déclaré, en référence au Brexit, le vote par référendum en juin en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'UE, qui a ébranlé l'Union. «J'ai répété à plusieurs reprises que je voulais un développement positif de l'UE», a-t-il dit.

Attaque contre Merkel

Toutefois, si Alexander Van der Bellen a souligné l'importance des relations entre l'Autriche et son principal partenaire économique, l'Allemagne, Norbert Hofer a critiqué la chancelière Angela Merkel. Ce dernier a expliqué vouloir tisser des liens plus forts avec les voisins d'Europe centrale et orientale, en premier lieu la Russie.

Selon lui, Angela Merkel a «porté gravement atteinte à l'Europe» avec sa politique de porte ouverte à l'immigration. La chancelière a permis à des centaines de milliers de migrants «dont des terroristes de passer à travers l'Autriche» depuis l'année dernière.

Donald Trump

Norbert Hofer a également attaqué Alexander Van der Bellen pour avoir critiqué le président américain élu Donald Trump. «Ce n'est pas intelligent de qualifier un président de démagogue», a-t-il déclaré. Alexander Van der Bellen a rétorqué que nombre de responsables européens étaient «inquiets» de l'arrivée de Donald Trump, qui a été accusé de sexisme et de vouloir porter atteinte aux droits des minorités.

Le FPÖ a grimpé dans les sondages en s'attaquant à l'immigration et à une «élite» jugée coupée des réalités. Plusieurs personnalités conservatrices autrichiennes ont appelé dans un «manifeste» publié samedi à barrer la route à Norbert Hofer à la présidentielle, évoquant notamment le spectre d'un «Öxit».

(AFP)

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