Aménagement du territoire: Aux Genevois de décider du sort d’une zone agricole à Avusy

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Aménagement du territoireAux Genevois de décider du sort d’une zone agricole à Avusy

Les opposants estiment que la zone agricole genevoise est trop précieuse et que le terrain en question à Avusy (GE) doit retourner à l’agriculture et à la nature.

La commune d’Avusy (GE) compte déjà plusieurs activités agricoles.

La commune d’Avusy (GE) compte déjà plusieurs activités agricoles.

KEYSTONE

L’électorat genevois devra se prononcer le 29 novembre sur la création d’une zone industrielle et artisanale à Avusy (GE). Classé en zone agricole, ce terrain d’environ 2,5 hectares est occupé depuis une trentaine d’années par l’une des principales entreprises de recyclage de déchets de chantiers.

Pour le Conseil d’Etat, il s’agit de régulariser une situation. La société Sablière du Cannelet SA avait commencé par exploiter les parcelles comme gravière, puis à se spécialiser dans le traitement des matériaux de démolition. La modification des zones permettra la délivrance d’une autorisation d’exploiter cette installation.

Pour le gouvernement, l’avantage d’une telle solution sera de pouvoir imposer à l’entreprise la mise en œuvre de mesures de compensation dans les différents domaines de l’environnement. «Cette installation joue un rôle essentiel dans l’atteinte des objectifs cantonaux des matériaux de chantier minéraux».

Les opposants à ce projet, parmi lesquels on retrouve des associations comme Pro Natura et les communes d’Avusy, de Cartigny, de Laconnex et de Soral, estiment, pour leur part, que la zone agricole genevoise est trop précieuse et que le terrain en question doit retourner à l’agriculture et à la nature.

Trop de camions

Ils font aussi remarquer que la Sablière du Cannelet SA bénéficie d’un traitement de faveur depuis 1998 en exerçant son activité en zone agricole, «en toute illégalité». Par ailleurs, la localisation de l’installation, à Athenaz, «se traduit par 30’000 trajets de camionnage à travers la campagne genevoise».

Les opposants au reclassement de la zone considèrent que l’entreprise devrait être localisée près de l’autoroute, avec l’aménagement d’un accès direct à celle-ci, sans traverser de villages. Une telle solution permettrait d’éviter «environ 180’000 kilomètres de camionnage par an».

Sur ce sujet, le PLR s’est rangé aux côtés des socialistes, des Verts et d’Ensemble à gauche pour dire son non à la création de cette zone industrielle. Les partisans se trouvent au PDC, au MCG et à l’UDC. AgriGenève a également fait part de son opposition au projet.

Droits politiques

Le second objet de votation cantonal porte sur une modification constitutionnelle qui retire à la justice le pouvoir de suspendre de leurs droits politiques «les personnes durablement incapables de discernement». Il s’agit, selon le Conseil d’Etat, de se conformer à la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées.

Une majorité du Grand Conseil a en outre estimé «qu’il y a une composante symbolique forte à faire primer les droits politiques des personnes concernées sur toute forme de restriction». Un peu plus de 1200 personnes sont privées de leurs droits cantonaux à Genève, ce qui représente moins de 0,5% du corps électoral.

Une minorité de députés estime que le droit actuel est conforme à la Convention de l’ONU et qu’il n’existe aucune raison de le modifier. Ces opposants à la réforme rappellent que les personnes handicapées qui ne sont pas durablement incapables de discernement ne sont pas privées de leurs droits politiques ni à Genève ni ailleurs en Suisse.

(ATS/NXP)

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