Musique - Aux Pays-Bas, l’Eurovision revient sous contraintes sanitaires
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MusiqueAux Pays-Bas, l’Eurovision revient sous contraintes sanitaires

Annulée en 2020, la compétition revient avec en présence de 3500 personnes testées et sans masque et des candidats enfermés dans une bulle. La finale aura lieu samedi.

La Suisse sera représentée par le Fribourgeois Gjon’s Tears.

La Suisse sera représentée par le Fribourgeois Gjon’s Tears.

AFP via Getty Images

Avec ses paillettes et son décompte des points haletant, l’Eurovision est de retour: contraints d’annuler l’extravagante fête de la chanson l’an dernier en raison de la pandémie, les Pays-Bas accueillent cette semaine une édition à l’exubérance contenue, avec pour une fois la France favorite.

Environ 3500 personnes, sous réserve de présentation d’un test négatif mais sans masque, assisteront à la finale du concours samedi dans la ville portuaire de Rotterdam. Les candidats seront quant à eux enfermés dans une «bulle spéciale».

La Suisse y sera représentée par Gjon’s Tears. Le Fribourgeois, passé par l’émission «The Voice», doit présenter son titre «Tout l'univers». Il a les faveurs de la cote des fans français de l’Eurovision puisqu’il a remporté le vote annuel organisé par le club OGAE (pour «Organisation générale des amateurs de l’Eurovision») France.

Quant à la France, elle sera représentée par Barbara Pravi. Souvent comparée à Edith Piaf, elle caracole en tête des pronostics avec son titre «Voilà» et pourrait permettre à l’Hexagone de remporter sa première victoire en 44 ans. Elle est suivie par l’Italie, puis Malte.

Alors que la vaccination permet aux pays européens de lever petit à petit leurs mesures sanitaires, les Pays-Bas ont officiellement autorisé la participation du public à l’événement fin avril. «Accueillir l’Eurovision en cette période particulière n’est pas une responsabilité que nous prenons à la légère», a assuré le directeur exécutif du concours Martin Oesterdahl.

Annulé en 2020

L’édition 2020 de l’Eurovision avait été annulée pour la première fois dans l’histoire de la compétition en raison de la pandémie. Une amère déception pour les Pays-Bas, qui avaient gagné le droit d’organiser le concours suite à la victoire du crooner Duncan Laurence en 2019. Cette dernière édition avait été suivie par 182 millions de téléspectateurs.

Pour les spectateurs habitués à voir défiler sur leurs petits écrans une marée de drapeaux et des artistes du monde entier s’enlaçant, l’édition 2021 promet d’être quelque peu différente. Si la plupart des candidats, issus de 39 pays, feront le déplacement jusqu’à Rotterdam, d’autres -comme l’Autriche- participeront via des vidéos pré-enregistrées.

Les délégations nationales sur place sont également soumises à des règles rigoureuses incluant la stricte séparation avec le public et l’obligation de passer un test toutes les 48 heures.

«Considérablement réduit»

«Le nombre de participants a été considérablement réduit. Les délégations sont beaucoup plus petites qu’en temps normal», a expliqué le producteur exécutif du concours Sietse Bakker. Les organisateurs ont, la semaine dernière, dû envoyer une piqûre de rappel aux délégations après que des images d’artistes serrant des journalistes dans leurs bras ont été diffusées.

La salle de spectacle «Ahoy Arena» accueillera 3500 spectateurs pour la finale, les deux demi-finales de mardi et jeudi, et les six répétitions générales. Cela ne représente que 20% de la capacité habituelle du lieu.

L’Eurovision fait partie d’une série d’événements tests menés par les autorités néerlandaises pour étudier comment des rassemblements de ce type peuvent se dérouler de manière sécurisée malgré le Covid-19. Depuis le début de la crise l’année dernière, le pays, qui compte un peu plus de 17 millions d’habitants, a enregistré plus d’un million et demi de cas de Covid-19 et la mort de plus de 17.000 personnes liée à cette maladie. Six millions de doses de vaccins ont été administrées.

«Paroles sataniques»

En dehors des contraintes sanitaires, le concours reste fidèle à lui-même: un spectacle haut en couleurs avec son lot de personnalités extraordinaires et de tensions nationales. La chanteuse Barbara Pravi s’est dite «fière et impatiente» de participer au concours. Elle porte les espoirs de la France, qui n’a plus remporté le concours depuis la victoire de Marie Myriam en 1977.

Avant même le concours, la chanteuse maltaise Destiny Chukunyere, tout juste âgée de 18 ans, avec sa chanson «Je me casse», a attiré l’attention de Sony Music, avec qui elle a signé un contrat en avril. Le titre féministe «Femme russe», proposé par la chanteuse Manija, a été fustigé par des conservateurs en Russie. Chypre a quant à elle dû défendre sa représentante face à l’église orthodoxe, outrée par les «paroles sataniques» de la chanson.

Ce n’est pas la première fois, loin de là, que l’événement se fait l’écho des défis mondiaux. L’édition 2017 s’était en effet déroulée en Ukraine sur fond d’intenses tensions avec la Russie, tandis que l’organisation du concours en Israël il y a deux ans avait suscité de nombreuses contestations venant de militants et artistes pro-Palestine.

(AFP)

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