Samoa - La suspension du Parlement par le chef de l’Etat jugé «illégale»

Publié

SamoaLa suspension du Parlement par le chef de l’État jugé «illégale»

La suspension du Parlement intervient juste avant la nomination pressentie aux Samoa de la cheffe de l’opposition comme Première ministre.

Le Premier ministre Tuilaepa Sailele Malielegaoi, ici à Londres en 2018, est en poste depuis 22 ans.

Le Premier ministre Tuilaepa Sailele Malielegaoi, ici à Londres en 2018, est en poste depuis 22 ans.

AFP

La Cour suprême des Samoa a jugé dimanche «illégale» la décision, du chef de l’État de suspendre le Parlement à deux jours de la première alternance du pays en 40 ans avec la nomination pressentie de la cheffe de l’opposition comme Première ministre.

Lors d’une séance exceptionnelle, la Cour Suprême a rejeté l’annonce faite la veille par le chef de l’État de suspendre, sans explication, une session historique parlementaire lundi. Cette décision avait aussitôt été contestée par le parti de l’opposition FAST, dont la dirigeante Fiame Naomi Mata’afa est bien placée pour devenir la première femme à la tête du gouvernement de cette nation du Pacifique Sud de 220’000 habitants.

À la suite d’une réunion à huis clos entre le parti FAST et le parti au pouvoir HRPP, le juge suprême Satiu Simativa Perese a qualifié l’annonce du chef de l’État d’«illégale». L’avocate du FAST et ancienne procureure générale, Taulapapa Brenda Heather-Latu, a indiqué à la presse qu’en vertu d’une décision provisoire rendue par la Cour, cette suspension est illégale.

Par ailleurs, selon une décision définitive, une ordonnance judiciaire rendue la semaine dernière rejetant une proposition du HRPP visant à empêcher l’opposition de prendre le pouvoir, est «valide et légale», a-t-elle ajouté. Un greffier a précisé que l’actuelle procureure générale Savalenoa Mareva Betham-Annandale a «quitté» la rencontre à huis clos après s’être vue intimer l’ordre, à plusieurs reprises, par le président de la Cour suprême, de s’asseoir.

Avenir incertain

L’avenir politique des Samoa est incertain depuis les élections générales du 9 avril, où le parti au pouvoir HRPP et celui de l’opposition FAST sont arrivés à égalité avec 25 sièges chacun dans l’assemblée qui en compte 51. L’élu indépendant ayant décroché le dernier siège s’est ensuite rallié au FAST, dirigé par Fiame Naomi Mata’afa, dès lors bien placée pour devenir la première femme à la tête du gouvernement de cette nation du Pacifique Sud.

Le Premier ministre Tuilaepa Sailele Malielegaoi, en poste depuis 22 ans, a alors augmenté son groupe parlementaire en vertu de dispositions fixant un quota minimum de femmes au parlement, puis convaincu le chef de l’État de convoquer un deuxième scrutin pour le 21 mai. Mais la justice a retoqué ces deux mesures, et le chef de l’État a convoqué le Parlement pour lundi, avant de se dédire samedi soir.

Tuilaepa Sailele Malielegaoi a répété qu’il avait le soutien du nombre de députés suffisant pour se maintenir à son poste. Fiame Naomi Mata’afa a de son côté assuré qu’elle contesterait la dernière décision devant le tribunal et s’en «tiendrait à l’État de droit».

(AFP)

Ton opinion

0 commentaires