Football: Avec ce Servette-là, il y a matière à sourire
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FootballAvec ce Servette-là, il y a matière à sourire

Les Genevois, jolis vainqueurs de Lucerne (2-0), ont retrouvé tout leur allant le temps d'un match.

par
Sport-Center

Deux entraîneurs qui sourient après un match, la chose est suffisamment rare pour être soulignée. C'était le cas, mercredi soir au Stade de Genève, après un plaisant voire électrique Servette-Lucerne (2-0). La joie d'Alain Geiger s'expliquait aisément, puisque son équipe venait de récupérer la quatrième place du classement, après sa meilleure prestation depuis longtemps. Talent, solidarité de tous les instants, envie de jouer: les vertus pré-Covid des Grenat sont remontées à la surface, emportant Lucerne au cours d'une première mi-temps très réussie – six occasions nettes, dont deux transformées par Alex Schalk (4e) et Miroslav Stevanovic (43e).

Lorsqu'il a fallu s'accrocher à l'os après l'avoir rongé, à dix toute la deuxième mi-temps parce que Schalk s'est fendu d'une poussette (rouge) sur Marco Bürki qui venait de découper Stevanovic (jaune), Servette n'a pas faibli. Donc Geiger, quoique lui-même expulsé pour avoir traité l'arbitre d'aveugle, avait le sourire.

«Mes joueurs ne sont pas des machines»

La bonne humeur de Fabio Celestini, qu'on avait déjà vu plus sombre après une victoire, semblait en revanche moins logique. Mais elle s'explique. Point un, le technicien vaudois peut «se reposer» sur un formidable bilan depuis qu'il est à Lucerne (10 matches/23 points avant ce revers). Point deux, il avait compris après cinq minutes que son équipe ne ramènerait rien de Genève, sinon le pâle souvenir d'un jour sans. A l'heure d'analyser la défaite, celle-ci était donc digérée depuis longtemps, joyeux sens du fatalisme (et des réalités) à l'appui: «Mes joueurs ne sont pas des machines.» Autrement dit, quand on joue tous les trois jours, on connait forcément des petits creux. Ce fut un gros trou, en l'occurrence. Fantomatique pendant 45 minutes, Lucerne n'a guère été plus vif ensuite. Zéro jus, zéro pep's, zéro idée.

Ça donne 2-0 et, mine de rien, une très bonne opération servettienne dans la course au tour préliminaire de la prochaine Ligue Europa. En cas de défaite et de re-revers dimanche contre Saint-Gall, les Genevois auraient pu s'exposer au spectre d'une fin de saison en roue libre. Après ce convaincant succès, le sprint final s'annonce au contraire palpitant. Ce sera sans Varol Tasar, victime d'une rechute d'ordre musculaire, si triste lors de sa sortie du terrain (37e). L'Allemand venait de comprendre que sa saison était terminée. Et il aurait adoré aller au bout de l'aventure. Car ce Servette, quand il joue ainsi, donne envie de sourire, y compris l'entraîneur adverse quand il est battu.

Simon Meier, Genève

Retrouvez tous les détails du match ici.

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