Europe - Avec la pandémie, louer une voiture devient inabordable
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EuropeAvec la pandémie, louer une voiture devient inabordable

Durant les confinements, les loueurs de véhicules ont écrémé leur parc automobile. Résultat: il y a désormais peu de choix et les prix changent au gré des arrivées de touristes.

Photo d’illustration.

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Louer une voiture continue à être un casse-tête cet été dans les zones les plus touristiques d’Europe, les stocks de voitures étant au plus bas avec la crise sanitaire.

L’Italienne Sara Matteuzzi, 33 ans, voulait partir chez des amis aux Canaries et a cherché une voiture abordable pendant plusieurs jours. Mais les prix ont triplé dans les îles par rapport à 2019.

«Les agences locales conseillées par mes amis sur place n’avaient plus de véhicules. Les grandes agences proposaient des voitures à mille euros la semaine», regrette la jeune Italienne, qui a finalement décidé de rester au pays.

Selon le comparateur Carigami, les prix sont restés très hauts depuis le début de l’été en France, à 363 euros la semaine en moyenne, contre 277 en 2019; de même en Italie à 402 euros (contre 250 euros il y a deux ans). Les prix ont en revanche légèrement baissé depuis le début de l’été en Espagne et au Portugal, autour de 230 euros.

La situation varie de ville en ville: à la gare romaine de Termini, loueurs comme touristes ne rencontraient pas de difficultés particulières mardi, selon un journaliste de l’AFP. A Athènes par contre, une petite Fiat 500 était disponible entre 500 et 800 euros pour une semaine mi-août.

Dans les Baléares, à Majorque comme à Ibiza, les prix ont doublé depuis 2019. «Certains clients nous disent que la location leur coûte plus cher que leur hôtel», souligne Catalina Martorell, de la fédération locale de loueurs.

Stocks réduits de voitures

«C’est ce qu’on appelle «une tempête parfaite», explique Juan Luis Barahona, de la fédération espagnole des loueurs (Feneval).

«Au coeur de la pandémie l’année dernière, les loueurs ont perdu tout leur chiffre d’affaires et ont été contraints pour survivre de vendre plus de véhicules que d’habitude. Ensuite, les banques ont durci les conditions pour obtenir des crédits. Et les constructeurs ont moins produit de véhicules, notamment à cause de la crise des semi-conducteurs», explique Juan Luis Barahona.

Après une année 2020 catastrophique, les grands loueurs se sont un peu repris au premier semestre, mais Hertz comme Europcar ont continué d’afficher des pertes.

La situation n’est pas «homogène»: elle change de zone en zone, et concerne moins certains petits loueurs qui n’ont pas autant coupé dans leurs flottes que les grands groupes, souligne Juan Luis Barahona. Certains loueurs se fournissent dans les pays voisins, d’autres commencent à s’intéresser au marché de l’occasion.

Les prix varient de semaine en semaine, selon les arrivées en Espagne des touristes allemands ou anglais, notamment, mais ils restent hauts, avec une offre limitée et une forte demande.

«On adorerait fournir des voitures à tout le monde, et ce serait plus rentable de louer plus de voitures et moins cher...» souligne Juan Luis Barahona

A Nice aussi

A Nice, dans le sud de la France, un loueur franchisé indique qu’après un mois de juillet indécis, avec beaucoup de réservations du jour au lendemain, il est désormais complet jusqu’à fin août. «On a eu beaucoup de difficulté à s’approvisionner en voitures», explique-t-il. «On nous a annulé une trentaine de véhicules qu’on avait commandés».

Aux Canaries, le nombre de voitures disponibles a chuté de 70’000 avant la pandémie à 25’000 cette année, selon la chaîne de télévision La Sexta.

Les prix risquent de rester plus haut que d’habitude jusqu’en septembre, prévient le représentant des loueurs espagnols. La situation devrait ensuite rester compliquée jusqu’à l’année prochaine, avec les montagnes russes des flux touristiques et les difficultés d’approvisionnement en véhicules.

Pour ne pas se retrouver à pied, les loueurs martèlent tous le même conseil: «louez à l’avance».

(AFPE)

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