12.09.2020 à 15:45

AutoAvec la Taycan, Porsche fait sa révolution électrique

On a testé le premier bolide 100% électrique du constructeur allemand, la Taycan 4S, véritable condensé de technologie. On commence par faire le tour du propriétaire.

par
Christophe Pinol
 Dans sa couleur Frozen Blue Metallic, la Taycan 4S ne passe pas inaperçue.

Dans sa couleur Frozen Blue Metallic, la Taycan 4S ne passe pas inaperçue.

Dirk Michael Deckbar

On doit avouer qu’on n’en menait pas large, lorsqu’on a pris possession de cette Porsche Taycan 4S, premier véhicule 100% électrique de la marque. Car la berline, disponible en Suisse depuis quelques mois, est impressionnante. D’abord par ses mensurations: 4m96 de long, 1m96 de large et 2,3 tonnes sur la balance. Par son allure aussi, avec ses lignes harmonieuses et futuristes, reprises du concept car Mission-E présenté en 2015, des jantes et des pneus immenses…

On l’a d’ailleurs vérifié tout au long des 3 jours de notre test: la voiture fait tourner les têtes. Surtout dans sa couleur Frozen Blue Metallic. Les gens la prennent en photo, la montrent du doigt, on les surprend à en parler dès qu’on s’arrête quelque part….

Et la fiche technique n’est pas en reste avec ses 490ch sous le capot (qui montent à 571 avec le Launch Control, une technique de démarrage consistant à accélérer à fond tout en gardant le pied sur le frein avant de le relâcher), un 0 à 100km/h atteint en 4 secondes, une batterie de 93kWh capable – sur le papier – de passer de 5 à 80% en 22 minutes, 460 kilomètres d’autonomie…

Alors comme pour la Tesla Model 3 que nous avions essayé l’an passé (ici et ici ), on s’est livré à un petit circuit à travers la Suisse (1300 kilomètres) pour tester les performances technos du bolide. Un engin, justement sacré en juillet dernier véhicule le plus innovant au monde par l’institut scientifique du Center of Automotive Management (CAM).

Dirk Michael Deckbar

Des options à n’en plus finir

La Taycan se décline en 3 versions: 4S, Turbo et Turbo S. C’est donc l’entrée de gamme que nous a prêté Porsche Suisse pour ce test. Un modèle qui démarre tout de même à CHF 129'100 et qui peut vite atteindre des sommes faramineuses – 169'260.- francs pour notre version – au vu de ses innombrables options disponibles (freins et batterie plus ou moins performants, poignées affleurantes qui ressortent automatiquement ou pas quand on s’approche, pompe à chaleur permettant d’économiser de l’autonomie sur la clim et le chauffage…).

C’est d’ailleurs un peu le problème avec le constructeur: là où chez Tesla, c’est assez clair, on est ici vite perdu à travers les possibilités offertes. Et un prix, forcément, qui n’en finit pas de grimper. Témoin? La Turbo S, toutes options comprises, qui culmine à près de 280'000.- francs.

Ce qui frappe, en nous glissant dans l’habitacle, c’est la richesse de son cockpit, avec des écrans numériques en veux-tu, en voilà. Celui d’instrumentation, d’abord, destiné au conducteur. Une dalle incurvée de 16,8 pouces, magnifique, sans casquette, permettant au choix d’afficher la navigation sur toute sa largeur ou de retrouver les 3 compteurs chers au constructeur allemand. Tous configurables, ils se pilotent du pouce, depuis un bouton placé sur le volant, et permettent d’afficher indicateur de vitesse, carte en mode réduite, assistance à la conduite, gestion de l’énergie…

On y trouvera aussi quelques raccourcis tactiles pratiques, comme les commandes de phares ou la possibilité de faire varier la hauteur du châssis, notamment pour éviter de toucher le bas de caisse en franchissant un dos d’âne, sachant que la voiture s’abaisse très bas lorsqu’on opte pour le mode de conduite Sport+.

Dirk Michael Deckbar

Si complet qu’on s’y perd

Au centre, le tableau de bord accueille ensuite la dalle d’info-divertissement (10,9 pouces, entièrement tactile). Elle permet de gérer la musique, les appels, la navigation, la configuration de la conduite… Enfin, le dernier terminal, au-dessus de la colonne de direction (8,4 pouces, doté de touches à retour haptique), tombe naturellement sous la main et donne accès aux réglages de la climatisation, du chauffage, ou encore de l’état de la batterie. Il est également doté d’une zone «touchpad» permettant de naviguer dans les menus de l’écran du dessus. Mais tous deux se pilotent aussi bien de la voix grâce à l’assistant maison que l’on appelle d’un «Hey Porsche».

Problème: on l’a trouvé beaucoup trop sensible, se déclenchant à tout bout de champ en pleine conversation, et on a préféré le débrancher. Et puis en option (mais nous n’y avons pas eu droit), il est aussi possible d’installer un quatrième écran pour le passager, lui permettant d’avoir directement accès à la navigation, la musique, et de balancer ses choix sur l’ordinateur central.

Bref, du très complet. A tel point qu’on avoue au début avoir eu du mal à se retrouver dans ces nombreux menus et sous-menus. Ça allait déjà mieux au bout de deux ou trois jours, et on imagine qu’en une semaine, le propriétaire saura parfaitement s’y retrouver.

Reste toutefois une ou deux fonctions pas toujours très intuitives. Tous les boutons physiques ayant disparu, le réglage de la ventilation se fait par exemple aussi en mode virtuel, dans un sous-menu, en glissant son doigt sur l’écran tactile pour orienter les flux d’air à sa guise dans l’habitacle, à l’image de ce que propose déjà Tesla. C’est super astucieux, précis et les geeks vont adorer, mais la manipulation est bien entendu à proscrire durant la conduite. Donc en finalité peu pratique. Reste des écrans à la définition impeccable, lumineux à souhait (pas le moindre problème de reflet) et à l’ergonomie soignée.

La petite touche analogique

Il faut aussi souligner la finition impeccable de l’intérieur: le tableau de bord en revêtement cuir, le détail des coutures… Le tout étant complété par une délicieuse touche rétro avec une horloge tout ce qu’il y a de plus analogique trônant seule au sommet de la planche de bord. Soit à des années lumières de la finition approximative du constructeur américain et du tableau de bord de la Model 3 entièrement vide, à l’exception de sa tablette centrale géante.

Signalons tout de même un fâcheux bug qui nous a privé de l’écran central à deux reprises durant la conduite. A chaque fois pendant plus d’une heure. Selon la marque, il s’agirait d’un problème lié à la gestion du profil «invité», étant donné que nous ne sommes pas le conducteur principal. Porsche nous avait alors indiqué un «raccourci clavier» pour contourner le problème et ce dernier devrait être corrigé avec la prochaine mise à jour du système, d‘ici la fin de l’année.

À noter que les premières Taycan produites n’ont pas toutes été dotées de la capacité de gérer l’ensemble des mises à jour OTA («Over the Air»), soit comme celle opérée sur son smartphone, à distance. Mais les modèles 2021, selon le constructeur, devraient tous en être équipé et n’auront ainsi plus besoin de passer chez un concessionnaire agréé pour les modifications système majeures.

Porsche Suisse | Taycan Grand Tour Ostschweiz | Juni 2020 ©  Dirk Michael Deckbar | +491723108973 | Mail@deckbar.de |

Porsche Suisse | Taycan Grand Tour Ostschweiz | Juni 2020 © Dirk Michael Deckbar | +491723108973 | Mail@deckbar.de |

deckbar.de

De subtils éclairages

Niveau équipement high-tech, on notera aussi la présence de CarPlay, permettant de retrouver ses applications iPhone sur le tableau de bord. Mais on est étonné de ne pas y trouver la version sans fil, pourtant habituellement réservé aux voitures de luxe. On apprécie aussi la console de rangement centrale équipée de deux ports USB-C et d’un chargeur à induction où il suffit de glisser son smartphone sur la tranche, plaqué contre l’un des bords. Il y restera parfaitement immobile durant les trajets, même en cas de puissante accélération.

Dirk Michael Deckbar

Terminons, avant de finalement se lancer sur les routes suisses (dans la seconde partie de notre test), en évoquant les élégants jeux de couleurs paramétrables (bleu topaze, vert citron…) proposés pour l’habillage intérieur. De subtiles lignes de lumières qui soulignent les différents éléments (boîte de rangement de la portière, portes-gobelets…). Et cerise sur le gâteau: le sigle Porsche 4S rétroéclairé au sol, tel le sigle de Batman projeté dans le ciel, quand la portière s’ouvre (en option, évidemment).

Christophe Pinol

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15 commentaires
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Tesla

12.09.2020 à 17:41

En terme de qualité prix, Tesla a 5 ans d’avance !!!

Per904

12.09.2020 à 17:10

Trop compliqué, trop cher, (beaucoup) trop lourde... pour des performances approchant une Tesla modèle 3 (accélération et autonomie)... encore du travail pour les constructeurs européens!

morane

12.09.2020 à 17:03

vehicule sans ame...