Pass sanitaire - «Avec le certificat Covid, c’est l’apartheid!»
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Pass sanitaire«Avec le certificat Covid, c’est l’apartheid!»

Le président de GastroVaud, Gilles Meystre, espère une réouverture complète des restaurants le 26 mai. Et sans filtrage sanitaire pour entrer à l’intérieur des établissements.

par
Eric Felley
Le président des restaurateurs vaudois est sur la même longueur d’onde que GastroSuisse, pas questions de réserver l’accès des restaurants aux personnes qui présenteront un pass sanitaire.

Le président des restaurateurs vaudois est sur la même longueur d’onde que GastroSuisse, pas questions de réserver l’accès des restaurants aux personnes qui présenteront un pass sanitaire.

DR/FB

«Mon espoir est de pouvoir rouvrir entièrement le 26 mai, mais mon pronostic est plus réservé… Chaque fois qu’on a eu des espoirs, ils ont été douchés» Après plus d’une année d’une crise continue et sur le même longueur d’onde que GastroSuisse, le président de GastroVaud, Gilles Meystre, sait que le chemin de la résilience est encore long: «La vaccination et l’immunité collective avancent lentement et je crains que cela ne soit pas encore suffisant pour que le Conseil fédéral ait le courage, je dis bien le courage, de rouvrir à la fin du mois…»

Que ce soit en juin ou plus tard, il n’est pas question pour lui que les établissements publics doivent limiter l’accès aux personnes vaccinées, guéries ou testées, qui présenteraient le futur pass sanitaire: «La vocation du restaurateur, c’est recevoir et accueillir, sans discrimination, ni distinction! Avec le certificat Covid, c’est l’apartheid!» Après la période de traçage de l’année dernière, il se méfie et relève «l’incapacité de l’OFSP à offrir une solution de traçage nationale, malgré SwissCovid. 15 mois après le début de la crise, cet office est encore en train de se demander comment concilier nécessité sanitaire et protection des données!» Avec un pass sanitaire, il ne veut pas que le restaurateur se retrouve «à faire l’arbitre entre les solutions des uns et des autres, sans parler de celles des touristes étrangers, et faire une fois de plus les frais de l’impréparation de la Confédération».

C’est le soleil qui dicte la marche des affaires

Gilles Meystre, président de GastroVaud

En attendant, la situation actuelle avec les terrasses reste «un moment pénible» pour les acteurs de la branche: «C’est le soleil qui dicte la marche des affaires. Quand il fait beau, c’est positif, mais ces jours, c’est ingérable. Cela complique la gestion du personnel et des marchandises». Après deux semaines d’ouverture, il est difficile de donner une estimation du chiffre d’affaires réalisé sur les terrasses et dans quelle proportion il permet d’avoir des revenus: «Cela dépend tellement d’un établissement à l’autre».

Au niveau des aides, il estime que la situation s’est finalement «décantée» à la fin février et au mois de mars: «Les aides pour 2020 et le premier trimestre 2021 sont arrivées et ont permis de détendre l’atmosphère. Mais si la situation se prolonge, certaines catégories d’établissements, comme les clubs, les bars ou les hôtels auront épuisé leur possibilité». En effet, la loi fixe un plafond à 20% du chiffre d’affaires pour le montant maximum de l’aide. «Si la situation se prolonge cela ne suffira pas pour ces établissements. Cela n’aura servi à rien de les sauver jusqu’ici, si on les laisse tomber ensuite. Il faudra adapter ce plafond».

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