25.01.2019 à 20:19

FootballAvec son «pitbull», Xamax va pouvoir montrer les crocs

Débarquant en prêt du FC Bâle, Geoffrey Serey Die terminera la saison à la Maladière. De quoi muscler le jeu d’une lanterne rouge beaucoup trop tendre.

par
Nicolas Jacquier

Jusque-là, NE Xamax vivait une trêve aussi laborieuse qu’inquiétante, exactement dans le prolongement de ce qu’avait déjà été sa première partie de saison sur le terrain. Aucun transfert sérieux à l’horizon, un abattement général avec un pessimisme qui semblait même avoir gagné le président Binggeli, lequel, dans ses propos, affichait ces temps-ci son scepticisme… Reconnaissons-le : dans ces conditions, rien n’incitait vraiment à y croire, avec une lanterne rouge de Super League condamnée à faire avec les moyens du bord, dont on sait qu’ils sont trop limités pour envisager raisonnablement de pouvoir remporter la terrible bataille du maintien. Bref, un univers déprimant pour un avenir teinté de morosité.

Et puis enfin, divine surprise, un rayon de soleil dans le gris neuchâtelois, avec l’arrivée ce vendredi d’un vrai premier renfort. Geoffrey Serey Die quitte Bâle (où il ne jouait plus beaucoup) pour la Maladière (où une place de titulaire lui est quasi garantie). Voilà qui tombe bien. Le milieu de terrain récupérateur ne change pas de vestiaire pour les beaux yeux de son nouveau patron mais pour enchaîner les matches, condition sine qua non afin de pouvoir disputer avec les Eléphants d’Abidjan la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, dont la phase finale aura lieu en Egypte à partir du 15 juin. Pour Xamax, c’est tout bénef et presque inespéré. D’abord parce que l’Ivoirien, homme de défis autant que de passion, n’est pas n’importe qui : plus de 200 matches de Super League dans les jambes, c’est une expérience qui va compter. Et surtout parce qu’il incarne un profil qui n’existait pas dans les rangs du néo-promu : celui d’un aboyeur qui impose le respect, d’un combattant du ballon qui ne lâche jamais rien, comme si sa vie en dépendait. C’est aussi cela qui manquait à un Xamax se faisant souvent – et trop facilement – marcher dessus sans avoir les moyens de répliquer.

Avec son «pitbull», le club neuchâtelois se donne une chance de pouvoir échapper au sort que beaucoup lui réserve déjà. Quand on lance une opération commando, mieux vaut pouvoir sortir les crocs. A défaut de garantie de maintien, c’est au moins déjà un espoir. C’est en même temps un signal fort donné aux supporters «rouge et noir» qui désespéraient de ne voir personne débarquer.

Soyons cependant aussi réalistes : tout Serey Die qu’il est, le bonhomme ne va pas pouvoir colmater à lui seul les trop nombreuses brèches en défense (Xamax attend toujours un patron) ni se muer en buteur – ce n’est d’ailleurs pas ce qu’on lui demandera.

A Neuchâtel, l’engagement, sous forme de prêt jusqu’à la fin de la saison, de l’ancienne «pile» du FC Sion (Serey Die y a joué de 2008 à 2012) intervient le jour où Xamax perd Charles-André Doudin, son élégant maître à jouer, pour de longs mois – une tuile qui va aussi priver Nuzzolo de sa rampe de lancement favorite. L’arrivée de l’un et la blessure de l’autre vont obliger Michel Decastel à modifier son dispositif.

Ainsi Xamax se doit-il de devenir plus méchant et peut-être plus vicieux, plus «tueur» aussi, quitte à devoir abandonner l’amour du jeu soigné. Une dernière approche certes très noble mais qui l’a précipité au fond du bac, là où il se trouve aujourd’hui.

Avec Serey Die, ça va déménager sur le ring de la Maladière. En espérant que son engagement souvent à la limite, voire au-delà parfois, déteigne aussi sur ses nouveaux camarades de jeu. Pour Xamax, c’est sans doute là le prix à payer et la seule voie à suivre pour éviter le ko!

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