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FranceAvec son sommet social de crise, Sarkozy joue son va-tout

Le président français Nicolas Sarkozy a réuni mercredi matin les différents partenaires pour un grand sommet social.

En convoquant ce sommet social à trois mois de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy paraît ainsi jouer son va-tout.

En convoquant ce sommet social à trois mois de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy paraît ainsi jouer son va-tout.

AFP

Le président français Nicolas Sarkozy va tenter de rallier des soutiens à un train de mesures susceptibles d'enrayer la montée du chômage et de donner un peu d'oxygène à des entreprises françaises en mal de compétitivité.

A trois mois de l'élection présidentielle, le chef de l'Etat paraît ainsi jouer son va-tout. Nicolas Sarkozy est à la traîne dans les sondages et fragilisé par la décision de l'agence Standard & Poor's de retirer à la France sa note souveraine «triple A».

Ce sommet social rebaptisé «sommet sur la crise» et organisé à la place du traditionnel conseil des ministres hebdomadaire, a débuté à 9 heures et devait durer trois heures.

Y participent les centrales syndicales CGT, FO, CFDT, CFTC et CFE- CGC et les organisations patronales Medef, CGPME et UPA, ainsi que les ministres concernés.

Les principaux syndicats de salariés ont d'ores et déjà fait connaître leur opposition à l'une des propositions de Nicolas Sarkozy - le transfert d'une partie des cotisations sociales patronales sur des mesures fiscales «anti-délocalisation», qui devrait prendre la forme d'une hausse de TVA.

Ils contestent également l'idée d'accords compétitivité-emploi qui permettraient à une entreprise en difficulté de négocier une nouvelle durée du travail, une baisse des salaires ou un panachage des deux.

Syndicats dubitatifs

Selon le ministre du Travail, un accord se dessinerait en revanche sur des mesures d'aide au chômage partiel pour éviter des licenciements et sur la formation des chômeurs. «Ce sera un sommet pour prendre des décisions», a assuré mardi le ministre du Travail, Xavier Bertrand.

Les syndicats s'interrogent sur les desseins réels du chef de l'Etat et sur leur marge de manoeuvre lors d'un sommet dont la partition semble déjà partiellement écrite.

«J'ai 15 propositions mais qui sont des propositions concrètes en matière de formation, en matière de chômage, pour l'emploi, le chômage partiel», a déclaré le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, à son arrivée.

«Pour le reste, on ne peut pas rentrer dans des logiques qui, selon moi, sont fausses économiquement et dangereuses socialement», a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a jugé impossible de «chambouler les mécanismes de financement de la Sécurité sociale en quelques jours, en quelques heures».

Une hausse limitée de TVA?

Nicolas Sarkozy a prévu de s'adresser fin janvier aux Français pour expliquer les décisions arrêtées.

Selon des sources gouvernementales, la hausse de TVA envisagée par le gouvernement en échange d'une réduction des cotisations sociales patronales sera en tout état de cause limitée pour éviter un impact néfaste sur la consommation, loin des demandes de baisse massive de charges du patronat.

Le quotidien économique Les Echos croit savoir que cette hausse de TVA serait limitée à deux points et ne porterait que sur le taux normal actuel de 19,6%.

Les quelque 12 milliards d'euros ainsi récoltés par l'Etat serviraient à réduire les charges patronales pour les salariés gagnant jusqu'à deux à 2,5 fois le smic, précise le journal.

(ats)

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