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SportAvec trois élections en jeu au CIO, la chasse aux votes est lancée à Buenos Aires (PAPIER GENERAL)

Par Stéphanie PERTUISET BUENOS AIRES (Ciudad Autonoma de Buenos Aires), 04 sept 2013 (AFP) - Avec trois élections en jeu, la chasse aux votes tous azimuts est lancée à Buenos Aires, où le Comité international olympique (CIO) a entamé mercredi matin une semaine intense, la dernière sous la présidence de Jacques Rogge.

Dans le nouveau quartier d'affaires de Puerto Madero, l'hôtel Hilton, le centre névralgique des opérations, a pris des allures de bunker placardé de banderoles aux anneaux olympiques. A l'intérieur, la commission exécutive du CIO s'est réunie à huis clos pour discuter des affaires courantes du mouvement olympique avant l'ouverture de la 125e session, vendredi soir, l'assemblée générale des 103 membres de l'Olympe. Quatre candidats à la succession de Jacques Rogge pouvaient ainsi s'observer, puisque l'Allemand Thomas Bach, le Singapourien Ng Ser Miang, le Taïwainais Ching-Kuo Wu et l'ancien roi de la perche, l'Ukrainien Sergueï Bubka siègent tous au sein de cette instance. Torpillé par un reportage diffusé la semaine dernière de la télévision allemande le présentant comme un homme controversé, Thomas Bach est apparu tendu dans la capitale argentine, où le champion d'escrime des Jeux de 1976 a gros à perdre. Depuis des années, son nom est avancé comme le futur patron du CIO mais l'élection mardi, en clôture de la session, s'annonce très, très compliquée. Messi soutient Madrid Des six hommes en lice, le Suisse Denis Oswald était le seul à n'avoir pas montré encore le bout de son nez, même si sa présence n'était pas requise, il est vrai. Une posture très discrète à l'inverse du Portoricain Richard Carrion, ultra-actif dans cette dernière ligne droite. "Il est partout", soufflait un proche d'un autre prétendant au poste suprême, qui observait avec intérêt le jeu des lobbyistes en tout genre dans le grand hall d'entrée du cinq étoiles. A ce jeu-là, Madrid a pris un peu d'avance sur Tokyo et Istanbul, les deux autres villes en course pour les Jeux Olympiques d'été de 2020 comme elle l'a fait dans les pronostics. Son meilleur ambassadeur, le Prince Felipe, est déjà à Buenos Aires depuis lundi et sa star du basket-ball, Pau Gasol, à peine débarqué de l'avion mercredi, s'est attaché à faire passer le message que le dossier madrilène était "très fort". Les Espagnols peuvent se targuer d'avoir obtenu le soutien de la vedette du football argentin Lionel Messi mais ironiquement le quadruple Ballon d'or apparaît en grand à Buenos Aires placardé sur des affiches pour vanter... la compagnie aérienne Turkish airlines, un de ses sponsors. Robot astronaute Les responsables du comité de candidature de Tokyo, eux, avaient convoqué une conférence de presse avec l'idée de vanter les capacités innovantes de l'archipel via le petit robot astronaute Kirobo parti sur la Station spatiale internationale, mais l'exercice a rapidement viré sur la question sensible de Fukushima, préoccupation première à l'heure actuelle des Japonais. Le président de la candidature de Tokyo, Tsunekazu Takeda, s'est employé à répéter que la capitale japonaise n'était en rien affectée par les dernières fuites d'eau radioactives provenant de la centrale nucléaire. "Le niveau de radiation est absolument sans risque. Les 35 millions de personnes qui vivent dans la région de Tokyo vivent dans des conditions normales. Il n'y a pas de problème", a avancé le patron du Comité olympique japonais. Si Tsunekazu Takeda s'est dit "pas inquiet à propos de la candidature de Tokyo 2020", il doit l'être cependant beaucoup, puisqu'il a pris la peine d'écrire longuement à ses pairs du CIO: "J'ai envoyé une lettre aux membres du CIO à propos de Fukushima la semaine dernière pour leur dire que Tokyo est très sûre." Istanbul tentait de même de tourner la page, elle qui a aussi perdu de sa superbe depuis la répression de la grande vague de contestation sociale ayant agité la Turquie en juin. "Je suis un joueur de basket, je jouerai jusque dans les trois ultimes secondes", a fait valoir de son côté le chef de file d'Istanbul, Hasan Arat. stp/jr

(AFP)

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