02.10.2020 à 17:57

BerneAvions de combat: Boeing passe à l’attaque

La votation à peine digérée, le lobbyiste Thomas Borer invite déjà des parlementaires à une rencontre la semaine prochaine avec les Américains du Super Hornet. Malaise dans la commission.

par
Eric Felley
Après avoir été un ambassadeur remuant, Thomas Borer est devenu un lobbyiste à Berne, où sa présence est diversement appréciée.

Après avoir été un ambassadeur remuant, Thomas Borer est devenu un lobbyiste à Berne, où sa présence est diversement appréciée.

Keystone/Getty Images

Les urnes sont encore tièdes d’une mince victoire pour l’acquisition des avions de combat que déjà s’active à Berne le lobbyisme pour influencer les élus sur le choix de l’avion: le Rafale de Dassault, l’Eurofighter d’Airbus, le F-35 de Lockheed Martin ou le Super Hornet de Boeing. Et les défenseurs de ce dernier ont semble-t-il tiré les premiers. En début de semaine déjà, certains conseillers nationaux, membres de la Commission de la politique de sécurité, avaient reçu une invitation pour venir se renseigner à propos de leur engin.

Cette invitation leur est parvenue par quelqu’un de bien connu à Berne, l’ancien ambassadeur devenu lobbyiste de haut vol, Thomas Borer. Dans un courrier envoyé par mail, il invite certains parlementaires à rencontrer le directeur des ventes et du marketing des avions de combat à l’international chez Boeing, qui est responsable du processus d’achat en Suisse. Il semble que des élus de tous les partis l’ont reçu, même chez les socialistes et les Verts, opposés à l’achat. «Ils n’ont aucune pudeur, s’agace l’un d’entre eux. J’ai renvoyé aussitôt pour dire que je ne viendrai pas».

Ancien pilote de F/A-18, le directeur des ventes de Boeing, Alain Garcia, «aimerait prendre le temps de parler avec vous sur l’offre de Boeing et de répondre directement à vos questions», écrit Thomas Borer. Les parlementaires pouvaient choisir entre mardi 6 octobre ou mercredi 7 octobre pour le rencontrer. D’après nos sources, la grande majorité d’entre eux ont refusé.

S’abstenir de tout contact avec les avionneurs

La Commission de la politique de sécurité, dans sa composition d’avant les élections de 2019, avait convenu que ses membres devaient s’abstenir de tout contact avec des avionneurs. Certains socialistes avaient été remis à l’ordre parce qu’ils étaient allés visiter un constructeur en Italie, pour chercher une alternative aux quatre concurrents qui sont en lice. La nouvelle commission, sous la présidence d’Ida Glanzmann-Hunkeler (PDC/LU), a décidé de poursuivre dans cette ligne. «La commission avait décidé, précise son secrétaire Pierre-Yves Breleux, qu’elle déclinerait en tant que commission toute invitation des constructeurs. Elle avait par ailleurs vivement déconseillé à ses membres d’accepter de telles invitations à titre individuel». Sa prochaine réunion a lieu les 26 et 27 octobre prochains.

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107 commentaires
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Dégoûtée

03.10.2020 à 17:23

Eh bien. Si ça allait aussi vite pour protéger le climat on serait sortis d'affaire

Killy

03.10.2020 à 13:55

Suite à mon commentaire refusé par le journal de gauche Le Matin .

Killy Kohler

03.10.2020 à 13:02

Surtout pas blessé les Gauchos , Commentaire refusé , mais la gauche OK tout les droits. merci le matin .!!!