Crise sanitaire en Belgique: «Avoir 21 ans en 2021, c’est être seul.e et avoir faim»
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Crise sanitaire en Belgique«Avoir 21 ans en 2021, c’est être seul.e et avoir faim»

Plusieurs centaines d’étudiants ont manifesté lundi à Bruxelles pour interpeller les autorités sur leur situation d’isolement et de précarité avec la pandémie de Covid-19.

Selon une étude récente, environ un tiers des étudiants belges francophones ont récemment perdu leur source de revenu et éprouvent désormais des difficultés à payer leurs études.

Selon une étude récente, environ un tiers des étudiants belges francophones ont récemment perdu leur source de revenu et éprouvent désormais des difficultés à payer leurs études.

AFP

Le rassemblement se tenait alors que le Premier ministre belge Alexander De Croo a exclu vendredi tout assouplissement des restrictions anti-Covid en vigueur, maintenant notamment les cours entièrement à distance dans l’enseignement supérieur (sauf rares exceptions comme pour des travaux pratiques en sciences).

Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement supérieur en Belgique francophone – ce domaine est une compétence des communautés linguistiques –, plaidait pour un retour partiel dans les amphithéâtres ce mois-ci, «à hauteur de 20%» selon son cabinet.

«Avoir 21 ans en 2021, c’est être seul.e et avoir faim», «On est là pour reprendre en présentiel et pour un peu plus d’oseille», ont scandé les manifestants.

Disparition des petits jobs

Réunis à l’appel notamment de la Fédération des étudiants francophones (FEF) et de l’Union syndicale étudiante (affiliée au syndicat socialiste FGTB), ils étaient «entre 200 et 300» près du siège historique de l’Université libre de Bruxelles (ULB), selon un décompte de la police.

Nell, 19 ans, a expliqué à l’AFP être «fatiguée» de devoir suivre ses cours en ligne dans une colocation dont la connexion internet «rame» parce qu’elle est trop sollicitée. «Si ça recommence comme ça l’année prochaine, je ne pourrai pas continuer et je ne sais pas ce que je ferai», a lâché cette étudiante de première année.

Beaucoup ont déploré la disparition de leur petit job dans les cafés ou restaurants, qui ont dû de nouveau fermer il y a quatre mois en pleine deuxième vague de la pandémie.

Selon une étude récente de la FEF, environ un tiers des étudiants belges francophones ont récemment perdu leur source de revenu et éprouvent désormais des difficultés à payer leurs études.

«On se retrouve réduits à une précarité assez dangereuse», a regretté Slim, 25 ans, étudiant en théâtre au Conservatoire royal de Bruxelles. Il s’est dit «inquiet» sur l’avenir de son secteur, alors que les salles de spectacles sont actuellement fermées, sans perspective de réouverture.

La Fédération Wallonie-Bruxelles (communauté francophone) a assuré avoir mobilisé depuis le début de la crise sanitaire, il y a un an, près de 13 millions d’euros d’aides supplémentaires pour les étudiants (soutien au paiement d’un loyer, d’une connexion internet, aide alimentaire etc.).

(AFP)

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