Votation du 25 septembre: AVSplus effraie la droite et le Conseil fédéral

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Votation du 25 septembreAVSplus effraie la droite et le Conseil fédéral

L'initiative propose de relever les rentes de 10%, pour un coût total qui s'élèverait à 4,1 milliards de francs.

Alain Berset devra convaincre les Suisses que son projet de prévoyance vieillesse 2020 vaut mieux qu'AVSplus.

Alain Berset devra convaincre les Suisses que son projet de prévoyance vieillesse 2020 vaut mieux qu'AVSplus.

Keystone

Le 25 septembre, le peuple devra se prononcer une nouvelle fois sur l'assurance vieillesse et survivant (AVS). L'initiative des syndicats alliés à la gauche veut relever les rentes de 10%. Mais la droite rejette une solution trop onéreuse tandis que le Conseil fédéral préfère sa propre réforme.

Réformer l'AVS? L'idée n'est pas neuve, et revient à intervalles réguliers (voir encadré). Si personne n'en conteste la nécessité, chacun préfère sa recette, dans une opposition classique entre la gauche et la droite.

Renforcer l'AVS

Les syndicats, la gauche et plusieurs organisations de salariés proposent, avec l'initiative populaire «AVSplus: pour une AVS forte», de relever les rentes de 10%. Le coût total s'élèverait à 4,1 milliards de francs.

Comme solution de financement, les initiants envisagent une hausse de 0,4% de cotisation de la part des salariés et autant des employeurs. Un retraité vivant seul recevrait ainsi entre 1400 et 2800 francs de plus par année et un couple 4200 francs.

Ce texte vise à renforcer l'AVS: la gauche et les syndicats estiment que c'est là le seul moyen pour compenser les pertes de rentes dans le 2e pilier. La crise financière met en effet la prévoyance professionnelle dans une situation difficile.

Les caisses de pension baissent les taux de conversion, ce qui réduit les futures rentes. La prévoyance vieillesse ne permet plus aux retraités de maintenir un niveau de vie approprié, comme le stipule la constitution, relève l'Alliance pour une AVS forte. Les femmes seraient les premières bénéficiaires de l'initiative.

Réformer globalement

Pas de quoi allécher la droite. Réunie en un large comité, elle fait la grimace et craint la charge pour l'économie. L'augmentation de la rente s'ajouterait au déficit dont souffre déjà l'AVS, lequel atteindrait 12,5 milliards de francs à l'horizon 2030.

Et pas question de le combler en relevant le montant des cotisations, précisent les opposants. Cette idée, qualifiée d'irresponsable, pèserait sur les épaules des jeunes générations.

L'initiative pourrait aussi péjorer la situation de certains rentiers: environ 7% d'entre eux perdraient de l'argent, selon les calculs de l'Office fédéral des assurances sociales.

Le camp bourgeois tout comme le Conseil fédéral préfèrent miser sur le projet de prévoyance vieillesse 2020 d'Alain Berset. Celui-ci englobe premier et deuxième piliers.

Pour le conseiller fédéral socialiste, sa réforme est «équilibrée et garantit un financement à long terme». Actuellement discuté au Parlement, le projet est mis sous pression par l'initiative. Il prévoit le relèvement de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, un financement complémentaire de l'AVS par une augmentation maximale de la TVA de 1,5 point et un abaissement du taux de conversion à 6%.

Une partie de la droite aimerait aller plus loin et rêve de relever l'âge de la retraite. Le conseiller fédéral la met cependant en garde: pour convaincre la majorité, la réforme devra rester équilibrée.

Si le peuple dit «oui» à l'initiative, elle devra être appliquée d'ici 2018. Un calendrier serré qui aura des conséquences directes sur le projet, selon Alain Berset. Il devrait être rapidement remanié afin d'être rendu conforme.

(ats)

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