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SyrieBachar al-Assad réélu avec 88,7 % des voix

Bachar al-Assad reste à la tête de la Syrie. Le président syrien a été réélu avec 88,7 % des voix. Cette victoire devrait l'encourager à intensifier son combat contre la rébellion.

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Le chef de l'Etat syrien Bachar al-Assad a voté mardi avec son épouse Asma dans le quartier de Malki (centre de Damas) pour le scrutin présidentiel, a rapporté la télévision d'Etat. Il est assuré de l'emporter. (3 jui  2014)

Le chef de l'Etat syrien Bachar al-Assad a voté mardi avec son épouse Asma dans le quartier de Malki (centre de Damas) pour le scrutin présidentiel, a rapporté la télévision d'Etat. Il est assuré de l'emporter. (3 jui 2014)

AFP
Les Syriens votent pour une élection présidentielle qui devrait se traduire par une victoire écrasante de Bachar al-Assad. (3 juin 2014)

Les Syriens votent pour une élection présidentielle qui devrait se traduire par une victoire écrasante de Bachar al-Assad. (3 juin 2014)

Keystone
Les Syriens votent pour une élection présidentielle qui devrait se traduire par une victoire écrasante de Bachar al-Assad. (3 juin 2014)

Les Syriens votent pour une élection présidentielle qui devrait se traduire par une victoire écrasante de Bachar al-Assad. (3 juin 2014)

Reuters

«Je proclame la victoire du Dr. Bachar al Assad en tant que président de la République arabe syrienne qui a obtenu la majorité des suffrages exprimés lors du scrutin», a dit lors d'une allocution télévisée le président du parlement, Mohammad al Laham, au lendemain du scrutin.

M. al-Assad a obtenu plus de 88,7% des suffrages. Les deux autres candidats, qui lui servent de faire-valoir, Hassan al-Nouri et Maher al-Hajjar, ont été eux crédités respectivement de 4,3% et 3,2%. La participation a atteint 73,42 %, selon la cour constitutionnelle.

Trois tués

Le scrutin, organisé dans les secteurs tenus par le régime, soit 40% du territoire où vit 60 % de la population, a été dénoncé par l'opposition et ses alliés occidentaux, les Etats-Unis parlant de «honte», la France de «farce» et l'OTAN affirmant que les résultats ne seraient pas reconnus.

L'annonce de la réélection, attendue de M. Assad, a été accompagnée par des tirs de joie qui ont fait trois morts à Damas et une vingtaine de blessés à Alep (nord) selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), proche des rebelles.

Une source de sécurité a ajouté que des dizaines d'autres personnes avaient été blessées dans plusieurs quartiers de la capitale en raison des tirs intenses d'arme automatique pour célébrer la réélection pour sept ans de Bachar al-Assad.

Soutien envers et contre tout

Malgré la guerre qui fait plus de 162'000 tués, déraciné quelque neuf millions de personnes et laissé le pays en ruine, une partie de la population continue de soutenir Bachar al-Assad.

«Des millions de Syriens sont sortis voter bravant le terrorisme et les voitures piégées pour affirmer la légalité d'un nouveau mandat de Bachar al-Assad qui durera jusqu'à 2021», a écrit le quotidien syrien «al-Watan».

«Les bureaux de vote ont été pris d'assaut. Cela reflète le haut degré de responsabilité envers les défis et la guerre terroriste contre lesquels doit lutter la Syrie», affirme le quotidien officiel «as-Saoura».

Les journalistes de l'AFP ont constaté aussi une affluence importante, alors que le vote a été prolongé de cinq heures «en raison de l'afflux des électeurs» selon les autorités.

Désert à cause des obus

Paradoxalement, les rues étaient quasi désertes à Damas le jour du scrutin, en raison de la chute de nombreux obus tirés par les rebelles.

«Plus de 130 obus de mortier ont été tirés mardi sur Damas et ses environs tenus par le régime», tuant trois personnes, a indiqué l'OSDH.

Nulle et non avenue

La cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton a qualifié l'élection d'«illégitime» et estimé qu'elle minait «les efforts politiques pour trouver une solution à cet horrible conflit». Elle a également appelé le régime syrien à engager de «véritables négociations politiques».

Tandis que l'OSDH a affirmé que le régime avait «forcé» des citoyens à voter sous peine d'arrestation, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a jugé l'élection nulle et non avenue «parce que aucun scrutin n'est possible quand des millions d'habitants n'ont même pas la possibilité de voter, quand ils n'ont pas la possibilité de se présenter et qu'ils n'ont pas le choix».

«Nous dénonçons la parodie d'élection présidentielle du 3 juin : il n'y a pas d'avenir pour Assad en Syrie», disent pour leur part les chefs d'Etat et de gouvernement du G7, réunis pour deux jours à Bruxelles.

«Vous avez perdu»

«Les dictateurs ne sont pas élus, ils gardent le pouvoir par la force et la peur, ce sont les deux raisons qui poussent les Syriens à participer à cette mascarade», a affirmé de son côté le chef de l'opposition en exil, Ahmad al-Jarba.

Pour un autre opposant en exil, Michel Kilo, Bachar al-Assad, à travers ce scrutin, dit au monde: «Oubliez une solution politique internationale. C'est moi qui sors victorieux de ce conflit, c'est moi qui décide. Vous avez perdu».

(ats)

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