Tennis: Bacsinszky: «J'ai peut-être été un peu cinglée»
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TennisBacsinszky: «J'ai peut-être été un peu cinglée»

La Vaudoise de 28 ans est revenue sur son retour après une opération de la main droite.

«Le premier médecin que j'ai consulté l'été dernier m'avait dit que je devrais probablement arrêter le tennis.»

«Le premier médecin que j'ai consulté l'été dernier m'avait dit que je devrais probablement arrêter le tennis.»

Keystone

Timea Bacsinszky (WTA 42) s'est longuement confiée par téléphone à l'ATS lundi, à son retour de St-Pétersbourg, où la demi-finaliste du dernier Roland-Garros a cueilli le titre en double pour son retour aux affaires après son opération de la main droite. «J'ai peut-être été un peu cinglée de jouer si longtemps alors que je souffrais», lâche notamment la Vaudoise de 28 ans, qui n'avait plus joué depuis Wimbledon en juillet dernier.

Comment allez-vous?

«Je vais plutôt bien. Je suis même très satisfaite de ma première semaine de compétition. C'est clair que j'aurais souhaité gagner un match en simple, mais je suis tombée sur une fille qui était sur son nuage (réd: elle s'est inclinée 6-4 6-3 devant la qualifiée russe Elena Rybakina, qui a atteint les quarts de finale). Mon niveau de jeu était en accord avec ce que j'imaginais. Je savais où j'en étais, et d'où je revenais. Il n'y avait donc rien de frustrant dans cette défaite. C'est même encourageant d'avoir pu garder le même niveau de concentration pendant tout le match. C'est souvent là qu'on pèche pour un retour au jeu. Ca s'est joué sur de petites choses, et mes six mois d'absence y sont pour beaucoup.»

Il y a aussi eu ce parcours en double...

«C'est génial d'avoir remporté le titre avec Vera (réd: Zvonareva). On ne s'y attendait vraiment pas, car on a d'abord dû trouver nos marques. On a livré un match parfait d'entrée, avec un 6-0 6-0 au 1er tour, et ça nous a parfaitement lancées. Le double est évidemment moins exigeant que le simple sur le plan physique. En revanche, il l'est sur le plan mental. Il faut de la spontanéité, de bons réflexes. Et les courbatures étaient bien là. Je suis contente d'avoir gagné des matches, tout simplement.»

207 jours se sont écoulés entre votre dernier match de 2017, au 3e tour de Wimbledon, et votre retour à St-Pétersbourg. Avez-vous songé à tout arrêter?

«Le premier médecin que j'ai consulté l'été dernier m'avait dit que je devrais probablement arrêter le tennis. Les autres médecins que je voulais voir étaient alors en vacances, et pendant trois semaines j'ai dû vivre avec ce seul diagnostic. J'étais dépitée. Ce furent des semaines compliquées jusqu'à la mi-août. Je n'ai jamais songé à mettre fin à ma carrière. Mais je n'avais de solutions que sur le court terme, et je n'ai pas envie de jouer pendant deux années supplémentaires seulement. J'étais dans le flou. J'ai passé un sale mois de juillet. J'avais un ligament, deux tendons ainsi qu'un muscle déchirés. Plus ce kyste de 8 millimètres, qui était pile-poil sur une articulation de la main droite. Le médecin qui m'a opérée à Milan (réd: en novembre) m'a dit qu'il se réjouissait de voir la suite sachant que j'avais pu figurer dans les dix meilleures mondiales avec une main dans cet état. J'ai peut-être été un peu cinglée de jouer si longtemps alors que je souffrais. Mais je jouais si bien (réd: elle a encore atteint les demi-finales à Roland-Garros au printemps dernier). Les anti-inflammatoires ont fini par ruiner mon estomac. C'est pour tout cela qu'il m'était complètement égal de gagner ou de perdre mon premier match à St-Pétersbourg. J'étais juste heureuse de pouvoir rejouer.»

Pouvez-vous jouer de manière totalement libérée?

«Je ressens encore la douleur, mais ça n'a plus rien à voir. Ce sont des douleurs normales après une opération. Ca va s'estomper. C'est tellement agréable de pouvoir à nouveau faire tout ce que je veux avec ma main droite. Plus je vais jouer de matches, plus je serai libérée. Je ne peux pas dire que je suis libérée à 100%. Mais en finale du double à St-Pétersbourg, j'ai vraiment bien retourné en coup droit, alors que la douleur est surtout présente lorsque je joue ce coup. J'ai encore besoin de jouer énormément de points. Je dois aussi être capable de gérer la pression qui est plus forte en simple. J'ai repris un peu plus tôt que prévu, soit quatre mois après mon opération alors que l'on me prédisait six mois de convalescence. Je n'ai jamais cessé de travailler sur le plan physique, mais ce n'est pas la même chose que quand tu peux aller sur le court.»

Qu'attendez-vous de la préparation au 1er tour de FedCup, qui verra la Suisse affronter la République tchèque samedi et dimanche à Prague?

«Ce sera un super test pour moi. Je serai poussée chaque jour à donner mon maximum. Je me réjouis de voir comment les entraînements se déroulent. C'est un privilège d'être dans cette équipe où l'on partage tout. On prend les décisions ensemble, en discutant pour savoir qui a le plus de chances d'apporter un point. J'aimerais être dans de meilleures dispositions. Mais ce n'est pas le cas. C'est déjà arrivé à d'autres, et il y a toujours eu quelqu'un pour prendre le relais sur le court.»

Quelle sera la suite de votre programme?

«Je vais jouer à Budapest (réd: dès le 19 février), Indian Wells et Miami, avant d'attaquer la saison sur terre battue à Lugano (réd: du 9 au 15 avril). Je peux rentrer dans tous les tableaux jusqu'à Wimbledon au moins. J'ai un classement protégé à 23. Si je ne gagne aucun match dans les semaines à venir, je pourrai l'utiliser pour l'US Open et pour l'Open d'Australie. Ca a un côté rassurant. Car je n'ai aucune attente concernant mes résultats pour les prochains mois.»

(ats)

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