05.07.2019 à 11:46

Baghdatis s’en va en larmes… et à pieds nus

Tennis

Marcos Baghdatis a dit adieu au tennis, hier, en vidant l’entier de son sac. «Tu as fait tellement de bien au tennis», a salué Roger Federer.

par
Mathieu Aeschmann, Londres

Le public du court No 2 s’est levé comme un seul homme, jeudi soir, après un dernier service-gagnant de Matteo Berrettini. Les minutes qui allaient suivre n’appartenaient plus à l’Italien mais à son vaincu, Marcos Baghdatis – finaliste de l’Open d’Australie 2006, ex-No 8 mondial – lequel venait de disputer son dernier point de tennisman professionnel. En larmes, le Chypriote pouvait s’offrir un tour d’honneur à son image, spontané et généreux.

Il y eut d’abord des larmes, parce que dire au revoir à sa deuxième famille après quinze ans de voyage en commun n’est pas chose facile. Puis la personnalité festive de Marcos Baghdatis a pris le dessus. Et celui qui avait quitté son île à 14 ans pour s’installer dans un cabanon de banlieue parisienne (dans la première académie de Patrick Mouratoglou) a commencé à vider son sac. Raquettes, polos de match, shorts, chaussettes, tout y passa. Même ses paires de chaussures à picots Mizuno… une pièce de collection pour les spectateurs aux anges.

Marcos Baghdatis restera dans les mémoires comme un joueur doué et joyeux. Son relâchement, surtout en revers, est à copier dans toutes les écoles de tennis. Il aura aussi été l’homme des matches historiques, preuve de sa capacité à élever son niveau aux exigences du moment. Deux exemples mémorables? Il fut la dernière victime d’Andre Agassi lors de cinq sets sublimes à l’US Open 2006 et l’un des titans du monument de l’AO08 contre Lleyton Hewitt terminé à 4h38 du matin.

«Il y a une chose que je ne veux pas quitter, c’est l’énergie et l’amour que m’ont transmis les fans partout dans le monde», expliquait-il hier soir avant de définitivement tirer sa référence. Le Chypriote venait de rejoindre le Millenium Building à pieds nus. Il avait gardé la conclusion pour sa dernière conférence de presse. «Le 4 juillet 2004, la Grèce devenait championne d’Europe de football et j’ai compris ce jour-là que je pouvais y arriver. Ce titre a eu un impact fou sur ma vie. Or je me retire un 4 juillet, quinze ans plus tard, tout est dit. J’espère avoir inspiré quelques enfants en Grèce et à Chypre.»

Un homme derrière son clavier semblait en tout cas assez inspiré pour un hommage appuyé: Roger Federer. «T’es un vrai Marcos. Tu as fait tellement de bien au tennis. Merci pour tout. De la part d’un fan. RF.»

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