04.02.2012 à 08:55

SyrieBain de sang et plus de 200 morts à Homs

Les forces syriennes ont bombardé dans la nuit de vendredi à samedi la ville de Homs, bastion de la contestation dans le centre du pays, faisant plus de 200 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

La révolte contre le régime de Bachar al-Assad a commencé en mars dernier.

La révolte contre le régime de Bachar al-Assad a commencé en mars dernier.

«C'est la pire attaque depuis le début du soulèvement en mars 2011», a commenté Rami Abdul-Rahman, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé en Grande-Bretagne. Les communications téléphoniques avec Khaldiyeh, le quartier le plus touché par les bombardements à Homs, étaient coupées.

Mais les habitants des environs ont décrit une nuit de cauchemar, de bombardements incessants. «Homs est en feu», a déclaré un militant de l'opposition se trouvant dans un secteur plus calme de la ville. «Le nombre de victimes dépasse tout ce qu'on peut compter», a-t-il dit.

Les comités locaux de coordination ont appelé les habitants de Homs et des environs à donner leur sang et à héberger les familles fuyant les pilonnages.

Ammar, un habitant du quartier de Bad Tadmur a de son côté fait état de plus de 300 morts et plusieurs centaines de blessés, sans préciser la source de ce bilan. «Encore quelques nuits comme ça, et Homs sera rayée de la carte», explique-t-il. «On nous massacre, qu'est ce qu'attend le Conseil de sécurité», s'interroge-t-il.

Le gouvernement a démenti ces informations, dénonçant une «campagne hystérique» de haine contre la Syrie.

Projet de résolution

Toujours dans ce dossier syrien, Le CNS «demande à la Russie de changer sa position face aux massacres du régime syrien. Le CNS exhorte également la Russie à «clairement condamner le régime et à le tenir responsable pour les massacres (...) et permettre aux Syriens d'élire démocratiquement un régime qui leur accordera la liberté et la dignité».

A cet égard, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a déclaré que le projet de résolution sur la Syrie soutenu par les Occidentaux ne convenait «absolument pas» à la Russie et que le soumettre samedi au Conseil de sécurité de l'ONU provoquerait un «scandale».

Au Caire, des dizaines d'opposants au régime du président Bachar al-Assad ont envahi l'ambassade de Syrie samedi à l'aube, saccageant le bâtiment et mettant le feu au rez-de-chaussée, a indiqué à l'AFP un employé de la mission.

Et à Koweït

Plusieurs personnes été aussi été arrêtées au Koweït samedi quand des centaines de Syriens et de militants koweïtiens en colère ont tenté de prendre d'assaut l'ambassade de Syrie à Koweït, selon des militants et une source de sécurité.

L'association koweïtienne des droits de l'Homme, une ONG, a indiqué sur son compte Twitter qu'au moins deux manifestants avaient été blessés dans un mouvement de foule lorsque les gardes de l'ambassade ont tiré plusieurs coups de feu dans l'air pour disperser les manifestants. Quelque 100’000 ressortissants syriens vivent au Koweït.

En Grèce, une cinquantaine de manifestants, des Syriens pour la plupart, ont réussi à pénétrer dans l'ambassade de Syrie à Athènes, tôt samedi matin, brisant des vitres et inscrivant des mots d'ordre antigouvernementaux sur les murs, a-t-on appris de source policière.

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