Suisse - Baisse des faillites dans toutes les régions
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SuisseBaisse des faillites dans toutes les régions

En 2020, le nombre total d’ouvertures de procédures de faillites en Suisse a baissé de 6,6% par rapport à l’année précédente.

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Comm/JBA
Image d’illustration.

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En 2020, le nombre total d’ouvertures de procédures de faillites à l’encontre de sociétés et de personnes en Suisse a diminué de 6,6% par rapport à 2019. La tendance déjà observée l’automne dernier se confirme, selon les chiffres annuels publiés mercredi par l’Office fédéral de la statistique (OFS). Cette baisse s’est profilée dans toutes les grandes régions. Elle varie entre –2,8% en Suisse du Nord-Ouest et –15,9% au Tessin par rapport à 2019. Au niveau cantonal, Glaris (–26,6%) et les Grisons (–24%) enregistrent les reculs les plus marqués.

En valeur absolue, ce sont les cantons du Tessin, de Genève et de Vaud qui enregistrent les baisses les plus importantes. Seuls quatre cantons, parmi lesquels Lucerne (+32 cas) et Obwald (+15 cas), ont rapporté une hausse du nombre d’ouvertures de faillites.

Interprétation difficile

Ces résultats doivent être considérés avec une certaine prudence, note l’OFS dans son rapport. En effet, vu que le produit intérieur brut (PIB) a enregistré en 2020 son plus fort recul depuis 1975, on aurait pu s’attendre à une vague de procédures de faillites lancées contre des sociétés et des personnes. Or, les résultats montrent au contraire un fléchissement du nombre de faillites.

L’OFS explique que plusieurs facteurs peuvent expliquer ce paradoxe apparent. La principale raison provient des autorités: le Conseil fédéral a très tôt pris la décision de suspendre temporairement l’obligation pour les entreprises d’aviser le juge en cas de surendettement. En outre, la Confédération a permis aux PME de demander un «sursis Covid-19» et a fourni des aides financières pour les cas de rigueur. Ces mesures ont notamment été prises pour éviter une vague de faillites.

Dans un tel contexte, l’OFS estime qu’il est difficile de savoir comment interpréter correctement les chiffres de l’année dernière. Étant donné que les répercussions économiques de la pandémie sur le nombre de faillites s’étendront au-delà de l’année 2020, il est recommandé d’attendre les chiffres de 2021, voire de 2022, pour avoir une meilleure compréhension de l’ampleur de l’impact de la pandémie sur le tissu économique suisse, et plus spécifiquement sur le nombre de faillites.

Pertes financières en hausse

Le montant des pertes financières résultant de clôtures de procédures ordinaires et sommaires de faillites est nettement plus élevé qu’en 2019, précise l’OFS dans son communiqué. Ces pertes se chiffrent à 8,2 milliards de francs en 2020, soit une valeur 3,6 fois plus élevée qu’en 2019. Ce montant, qui constitue un record depuis le début des relevés, doit toutefois être relativisé. Il s’explique par un cas singulier de procédure de faillite qui a été ouverte il y a près de 16 ans pour se clôturer en 2020 seulement.

Se soldant par une perte de 6,5 milliards de francs, cette procédure de faillite particulièrement longue se classe parmi les plus importantes de l’histoire de notre pays. Sans cette affaire, les pertes financières résultant de faillites clôturées durant cette année 2020, empreinte par la crise économique induite par la pandémie se situeraient à un niveau de 30% inférieur à celui de 2019.

La situation de crise sanitaire a également eu un impact significatif sur le nombre de procédures de poursuites lancées ou exécutées dans notre pays. En 2020, on dénombre moins de commandements de payer (–13,3% par rapport à 2019), d’actes de saisies (–11,8%) et de réalisations (–5,6%).

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