Montreux (VD) - «C’est toute une famille qui a basculé, le garçon est en vie»

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Montreux (VD)«C’est toute une famille qui a basculé, le garçon est en vie»

Ce jeudi 24 mars vers 7h, trois adultes et deux enfants ont été retrouvés, sans vie ou grièvement blessé, au bas d’un immeuble qui fait face au Casino de Montreux.

par
Evelyne Emeri
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Les cinq membres de cette même famille ont chuté dans le vide depuis le 7ème étage de cet immeuble de l’avenue du Casino à Montreux (VD). L’on voit ici la police scientifique en train de procéder aux premiers relevés sur le balcon.

Les cinq membres de cette même famille ont chuté dans le vide depuis le 7ème étage de cet immeuble de l’avenue du Casino à Montreux (VD). L’on voit ici la police scientifique en train de procéder aux premiers relevés sur le balcon.

20min/Sébastien Anex
Les trois adultes et les deux enfants ont été découverts au sol. Des tentes ont été dressées pour permettre à la police scientifique de faire son travail à l’abri des regards.

Les trois adultes et les deux enfants ont été découverts au sol. Des tentes ont été dressées pour permettre à la police scientifique de faire son travail à l’abri des regards.

lematin.ch/DR
La famille vivait depuis 2-3 ans au 7ème étage de ce bâtiment situé au numéro 35 de l’avenue du Casino.

La famille vivait depuis 2-3 ans au 7ème étage de ce bâtiment situé au numéro 35 de l’avenue du Casino.

lematin.ch/DR

C’est une infirmière qui aurait découvert cette effroyable scène ce jeudi matin en rentrant de sa garde de nuit peu avant 7h. Cinq corps gisaient au sol, tous tombés du 7ème étage d’un bâtiment situé en face de l’entrée du Casino de Montreux (VD). Il s’agit des membres d’une même famille, tous ressortissants français: le père (40 ans), la mère (41), leur fillette de 8 ans, leur garçon de 15 ans et la sœur jumelle de l’épouse. Comment est-ce arrivé? Comment ont-ils chuté? Chuté tous les cinq. Et pourquoi?

Pour un mandat d’amener?

La police cantonale sous la direction du procureur de l’Est vaudois, Karim Ben Amor, a communiqué peu avant 13h: «Selon les premières investigations, deux gendarmes se sont rendus dans un appartement de la rue du Casino pour exécuter un mandat d’amener délivré par la préfecture en lien avec la scolarisation à domicile d’un enfant. Le mandat concernait le père, un Français de 40 ans domicilié dans cet appartement. Les gendarmes ont frappé à la porte et entendu une voix leur demandant qui était là. Après s’être annoncés, ils n’ont alors plus entendu de bruit dans l’appartement. Ne pouvant entrer en contact avec les éventuels occupants, ils ont quitté les lieux».

Le père est-il l’auteur?

Les plus folles hypothèses circulent en ce moment dans la cité montreusienne dont les bords du lac et le périmètre du Casino ont été rapidement bouclés par les forces de l’ordre. La communication de la justice et de la police donne peut-être un début d’explication, ou pas. Le passage des deux gendarmes venus chercher de force le père de famille (ndlr. mandat d’amener) est-il, peut-il, vraiment être à l’origine de cette tragédie? Des sources proches de l’enquête affirment que le père serait l’auteur de ce massacre et aurait contraint les siens à sauter par le balcon depuis le 7ème étage.

«Il y avait les enfants…»

«C’est toute une famille qui a basculé, seul le jeune garçon est en vie. Pourvu qu’il s’en sorte. L’adolescent a été héliporté dans un état désespéré.» Celui qui nous parle est un habitant de cette tour montreusienne. «Je venais de me réveiller. Je n’arrive pas à vous décrire exactement le bruit que j’ai entendu. Des cris? Je suis sorti sur mon balcon. On n’arrive pas à fixer cette image longtemps. Il y avait trois corps à gauche et deux plus à droite. Il y avait les enfants… Surtout. J’ai compris tout de suite.»    

«Des voisins ordinaires»

Une famille discrète à en croire les premiers témoignages recueillis sur place: «On les voyait au garage, dans l’ascenseur. Des voisins ordinaires.» Sur le palier qui permet d’accéder à l’appartement de la famille, un agent de la police cantonale fait rempart. Là aussi, à l’intérieur, les limiers procèdent aux premiers relevés et tentent de comprendre ce qu’il s’est réellement passé ce jeudi matin à huis clos dans ce logement, désormais vide. 

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