Football: Bâle pour l’histoire face à du très costaud

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Le club rhénan a une belle occasion de marquer encore l’histoire du football suisse. Mais c’est une montagne qui se dresse devant lui, avec le Shakhtar Donetsk, vainqueur de cette Europa League en 2009.

par
Robin Carrel, Gelsenkirchen
Les Bâlois auront fort à faire face au Shakhtar Donetsk

Les Bâlois auront fort à faire face au Shakhtar Donetsk

Keystone

Dans les annales du jeu de ballon helvétique, ses représentants sont allés en demi-finale de Coupe d’Europe à cinq reprises. Mais en ce qui concerne les quatre premières fois, je vous parle d’un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître, sauf à se lancer sur Wikipédia.

C’est, en effet, entre 1958 et 1978 que le FC Zurich (à deux reprises en Coupe des Champions), Grasshopper (en Coupe de l’UEFA) et les Young Boys («C1» également) ont fait partie du dernier carré continental.

Cette époque, quand «Coupe des Champions» voulait bien dire ce que ça voulait dire, est désormais révolue et la Coupe des Coupes, elle, n’est simplement plus. S’il a pu passer pour presque riche à une époque, le foot suisse n’est dorénavant que 18e au coefficient de l’UEFA.

Autant dire que quand Bâle s’est hissé jusqu’en demie d’Europa League face à Chelsea en 2013, on tenait sans doute bien là le plus grand exploit d’un club de Super League (ou Ligue A) dans sa tout de même fournie histoire sur le Vieux Continent. Et bien ce mardi à Gelsenkirchen, lors du «final 8» de l’Europa League, le FCB espère le refaire, face au Shakhtar Donetsk.

Chaud, mais pas en tribunes

Les conditions ne sont certes pas les mêmes, car dans une Arena AufSchalke à huis clos, on sera bien loin des chaudes soirées connues par le Parc St-Jacques, où Liverpool, Manchester United et City, Benfica, la Juventus, Chelsea ou encore Tottenham ont tous connu des misères.

Mais après une phase de poule de «C3» maîtrisée comme rarement pour une équipe de son pays – 8 victoires en 10 matches, 4 buts encaissés et qui reste sur 5 blanchissages, record de la compétition à égalité avec Arsenal, Manchester United, Naples, Salzbourg et Villarreal –, le FCB s’avance confiant.

La chaleur y sera bien présente, mais seulement au thermomètre, car on annonce plus de trente degrés au coup d’envoi. Enfin, aussi confiant que son inconstance du très long exercice européen 2019/2020 (débuté à Eindhoven il y a 397 jours) le lui permet et avec autant d’aplomb que la perte récente de son gardien No 1 Jonas Omlin (qui était à Montpellier lundi soir pour y passer la visite médicale) le lui autorise.

Mais toutes les équipes du Vieux Continent en sont à la même enseigne. Il faut savoir jongler d’un côté avec les impératifs du mercato d’été qui a déjà ouvert ses portes, tout en devant aligner une formation crédible, potentiellement jusqu’au 30 août, pour des Bâlois encore en lice en Coupe de Suisse.

Mine de rien, un cador européen

Mardi soir à 21 heures, les Rhénans devront donc montrer leur meilleur visage, l’Européen, et se montrer solides face à un adversaire ukrainien qui n’a sans doute plus été aussi fort depuis son sacre de 2009 contre le Werder Brême, sortant au passage Tottenham, le CSKA Moscou, l’Olympique de Marseille et le Dynamo Kiev.

Le club du Donbass, un état séparatiste autoproclamé reconnu seulement par l’Ossétie du Sud-Alanie et partiellement par la Russie depuis un référendum en 2014, n’a plus de maison attitrée et a été baladé à Lviv, Kharkov (souvent) et Kiev (des fois), mais cela ne l’a pas empêché de briller comme d’habitude tant sur le plan national que continental.

Le Shakhtar vient de signer un quatrième titre national, avec la bagatelle de 23 points d’avance sur le Dynamo Kiev, et a éliminé le Benfica puis Wolfsburg, après avoir été sorti au dernier match par l’Atalanta Bergame (0-3) en phase de poules de Champions League, dans un groupe contenant également Manchester City. La troupe du gardien vétéran mais extraordinaire Andriy Pyatov compte toujours autant sur son mélange ukraino-brésilien (ils sont douze «Auriverdes» à avoir joué cette saison avec les «Miniers») pour faire la différence et la recette marche encore.

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