VOTATION CANTONALE - Bâle-Ville, premier canton alémanique à instaurer un salaire minimum
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VOTATION CANTONALEBâle-Ville, premier canton alémanique à instaurer un salaire minimum

Les citoyens bâlois se sont prononcés ce dimanche en faveur de l’instauration d’un salaire minimum fixé à 21 francs de l’heure.

par
Noemi Cinelli
Le salaire minimum de 21 francs approuvé ce dimanche à Bâle-Ville sera le deuxième plus élevé de Suisse, derrière Genève (23,14 francs).

Le salaire minimum de 21 francs approuvé ce dimanche à Bâle-Ville sera le deuxième plus élevé de Suisse, derrière Genève (23,14 francs).

20 Minutes / Stevan Bukvic

C’est le contre-projet à l’initiative «Pas de salaires inférieurs à 23 fr.» qui a été accepté à hauteur de 53,77% à Bâle-Ville ce dimanche 13 juin. Le salaire minimum ne sera donc pas fixé à 23 francs comme le souhaitait l’initiative des syndicats et des partis de gauche, mais à 21 francs. Le projet initial et plus ambitieux a été refusé par 50,6% des électeurs.

Neuchâtel, canton pionnier

Actuellement, quatre cantons disposent d’un salaire minimum légal. Le pionnier en la matière est Neuchâtel, qui a été le premier en Suisse à avoir instauré un salaire minimum en août 2017 déjà. Celui-ci est fixé à 20 francs, tout comme dans le Jura, où le salaire minimum est en vigueur depuis février 2020. À Neuchâtel, l’introduction d’un salaire minimum a permis de faire reculer le taux de chômage, estime le syndicat Unia.

Au Tessin, un salaire de 19 francs a été instauré en janvier 2021. À la même période, Genève introduisait le salaire minimum le plus haut de Suisse, alors fixé à 23,14 francs. Pour un temps plein, le salaire mensuel s’élève ainsi à 4'512 francs.

Ces derniers mois, les parlements fribourgeois et thurgovien ont rejeté l'introduction d'une mesure similaire. Une tentative au niveau fédéral avait, elle aussi, largement été balayée par le peuple lors des votations de mai 2014. L’initiative populaire «Pour la protection de salaires équitables», dite «Initiative sur les salaires minimums» avait été rejetée par 76,35% des citoyens.

Vers une amélioration des situations précaires

Pour l’union syndicale Unia, il faut que «les salaires minimums soient suffisamment corrects pour qu’ils permettent de vivre et de stopper le dumping salarial.» Elle recommande ainsi un salaire fixé à 22 francs. Plus largement, l’instauration d’un salaire minimum doit améliorer les situations précaires. Les femmes sont particulièrement concernées, continue l’organisation syndicale. Celles-ci sont effectivement surreprésentées dans les branches à bas salaire et sont plus susceptibles de réduire leur temps de travail, voire d’interrompre leur activité professionnelle. Et cela a un impact important sur les rentes.

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