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Etats-UnisBaltimore retrouve un peu de calme grâce au couvre-feu

Baltimore a retrouvé un semblant de calme mardi. La police est toutefois intervenue, peu après l'entrée en vigueur à 22h d'un couvre-feu nocturne, pour disperser des dizaines de manifestants.

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Le lieutenant Brian Rice (à gauche) est l'un des six policiers à comparaître. Il a été acquitté. (Lundi 18 juillet 2016)

Le lieutenant Brian Rice (à gauche) est l'un des six policiers à comparaître. Il a été acquitté. (Lundi 18 juillet 2016)

AP Photo/Steve Ruark, Keystone
Caesar Goodson, qui conduisait le fourgon au moment de la mort de Freddie Gray, a été reconnu non-coupable. Il est le second policier acquitté dans cette affaire. (Jeudi 23 juin 2016)

Caesar Goodson, qui conduisait le fourgon au moment de la mort de Freddie Gray, a été reconnu non-coupable. Il est le second policier acquitté dans cette affaire. (Jeudi 23 juin 2016)

Keystone
L'un des six policiers de Baltimore a été acquitté des quatre chefs d'accusation qui pesaient sur lui (Lundi 23 mai 2016).

L'un des six policiers de Baltimore a été acquitté des quatre chefs d'accusation qui pesaient sur lui (Lundi 23 mai 2016).

Jim Lo Scalzo, Keystone

La situation s'est tendue à nouveau dans la nuit de mardi à mercredi à Baltimore, à cause de manifestants qui ont bravé le couvre-feu.

La police a lancé des fumigènes et des bombes au poivre. Mais rien de comparable aux émeutes qui ont secoué la ville lundi, lors desquelles des jeunes ont incendié bâtiments et voitures, saccageant les magasins des zones paupérisées de cette ville du nord-est américain, en réaction au décès d'un jeune Noir dans un commissariat.

Selon la police, dix personnes ont été arrêtées dans la nuit, dont sept pour violation du couvre-feu contre plus de 250 arrestations la veille.

Pendant les minutes précédant ce couvre-feu entré en vigueur mardi à 22h (mercredi 4h en Suisse) et prévu chaque soir jusqu'à 5h00 (11h en Suisse), des policiers avaient sillonné la ville en voitures de patrouille avec des porte-voix, et même un hélicoptère avec un haut-parleur, pour prévenir de l'imminence de cette mise en place.

2000 gardes nationaux

Des violences avaient éclaté lundi juste après l'inhumation de Freddie Gray, 25 ans, décédé quelques jours plus tôt dans des circonstances encore inexpliquées alors qu'il était détenu par la police. Un drame qui a exposé une nouvelle fois la méfiance entre la communauté noire et la police.

Mais malgré les nombreux appels des autorités à regagner leur domicile, des groupes de manifestants - pour la plupart de jeunes hommes noirs - ont défié mardi soir des rangées de policiers en protection anti-émeutes, debout derrière leurs boucliers.

«Cette nuit nous aurons 2000 gardes nationaux et plus d'un millier de policiers en service» à Baltimore pour y «restaurer l'ordre», avait prévenu le gouverneur du Maryland Larry Hogan. La police a averti qu'elle arrêterait toute personne dehors, sauf pour des raisons professionnelles ou médicales.

Tout au long de la journée, des manifestants étaient descendus dans quelques rues de la ville, mais «dans l'ensemble, ça a été une très bonne journée», a résumé en soirée le chef de la police Anthony Batts. De nombreux habitants dans les quartiers de l'ouest de la ville se sont mis à déblayer les devantures de magasins et les rues.

«Questions troublantes»

Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, a condamné comme beaucoup d'autres responsables les violences qui ont enflammé la ville de 620'000 habitants lundi. Il a toutefois admis qu'elles étaient révélatrices d'une crise latente entre la jeunesse noire et la police.

«Nous avons vu trop d'exemples d'interactions entre la police et (...) des gens, surtout des Afro-américains, souvent pauvres, qui soulèvent des questions troublantes», a déclaré Barack Obama.

Il a exhorté la police et la communauté noire à «l'introspection» après plusieurs faits divers où des jeunes Noirs non armés ont été tués par des policiers blancs. Une enquête a été ouverte sur le décès de Freddie Gray mais de nombreux habitants évoquent le dernier exemple des brutalités policières auxquelles les Noirs sont régulièrement confrontés.

Critiquée pour son inaction, la police n'a pas réagi davantage lundi «parce qu'il s'agissait de jeunes de 14, 15 ou 16 ans», a expliqué Anthony Batts. Il a précisé que la vingtaine de policiers blessés étaient désormais sortis de l'hôpital.

Etat d'urgence

Les émeutes ont contrasté avec le calme et la sérénité qui avaient marqué la cérémonie des obsèques de Freddie Gray, la famille de la victime appelant à la retenue.

De nombreux lycéens qui semblaient sortir de l'école ont commencé à s'en prendre aux forces de police stationnées dans la ville en lançant briques, cailloux, bâtons, bouteilles. Les forces de l'ordre ont rapidement été prises de court et plusieurs supermarchés ont été pillés et incendiés, tout comme des voitures et véhicules de police.

Le gouverneur Hogan a décrété l'état d'urgence dans cette ville située à une soixantaine de kilomètres de Washington.

(ats)

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