Révélations: Banksy démasqué par les maths

Publié

RévélationsBanksy démasqué par les maths

Des Britanniques disent avoir identifié le mystérieux artiste de street art grâce à une méthode de profilage utilisée dans la recherche de tueurs en série!

par
Sa.G.
1 / 52
«50 ans après les événements de mai 1968 à Paris. Là où est né l'art du pochoir moderne», écrit Banksy sur Instagram. Cette oeuvre a été réalisée sur le mur d'un parking du Centre Pompidou, à Paris.

«50 ans après les événements de mai 1968 à Paris. Là où est né l'art du pochoir moderne», écrit Banksy sur Instagram. Cette oeuvre a été réalisée sur le mur d'un parking du Centre Pompidou, à Paris.

Instagram, AFP
L'artiste de rue britannique revendique ce pochoir réalisé sur les quais de Seine et représentant un couple de rats portant chapeau melon et ombrelle, semblant regarder la Tour Eiffel au loin.

L'artiste de rue britannique revendique ce pochoir réalisé sur les quais de Seine et représentant un couple de rats portant chapeau melon et ombrelle, semblant regarder la Tour Eiffel au loin.

Instagram, AFP
Cette fresque est située près de l'université de la Sorbonne, à Paris.

Cette fresque est située près de l'université de la Sorbonne, à Paris.

Instagram, AFP

Le mystère Bansky est-il résolu? L'insaisissable pape du street art se nomme-t-il vraiment Robin Gunningham comme le prétendent des scientifiques britanniques? Et si oui, comment ont-ils réussi à résoudre l'énigme? Explications...

Il veut être un Artiste Anonyme

L'histoire de Banksy commence à Bristol, à la fin des années 1990 quand, sortie de nulle part, cette drôle de signature se met à faire parler d'elle régulièrement, tandis que la ville assiste à l'éclosion de graff's splendides. Qui se cache sous ces six petites lettres? A cette époque, pratiquement personne ne s'inquiète de savoir si ce pseudonyme est celui d'un homme, d'une femme ou d'un collectif.

Le temps passe. Banksy, qui ne se présente jamais autrement que vêtu d'un grand pull à capuchon, devient une référence absolue en matière de street art et, dès 2005, la question de son identité se fait lancinante. Lui (ou elle, ou eux?) s'en moque et vit sa vie d'«art-tiviste». Enchaînant les projets et les expos, Banksy continue à vendre ses œuvres pour des centaines de milliers de francs par l'intermédiaire de galeristes et à délivrer nuitamment et anonymement des messages alternativement poétiques, drôles ou à portée politique sous forme de fresques.

En quête d'identité

Si la nature n'aime pas le vide, les scientifiques le détestent. Raison pour laquelle des chercheurs de l'université Queen Mary, à Londres, se sont mis en tête de remplir les blancs de «l'affaire Banksy». Pour ce faire, après réflexion, ils ont opté pour une méthode de géo-profilage... généralement utilisée en criminologie pour retrouver des tueurs en série!

La méthode

En gros, l'équipe d'universitaires, qui vient de publier son étude dans le Journal of Spatial Science est partie du principe qu'un artiste militant, tout comme un serial killer, laisse des traces, notamment géographiques, que l'on peut remonter.

Concrètement, les scientifiques ont donc pris en compte 140 fresques attribuées à Banksy, réalisées à Londres et à Bristol. En couplant les données géographiques de ces «crimes» à d'autres informations publiques disponibles ainsi qu'à des images de vidéos de surveillance, ils ont établi le profil de quelques «suspects». Parallèlement, ils ont effectué une analyse mathématique grâce à laquelle ils ont acquis la certitude que l'artiste vit ou séjourne dans les zones où la densité de ses œuvres est la plus forte. Parmi ces points chauds: un pub, des terrains de jeux et des adresses résidentielles à Londres. Or, ces endroits ont en commun d'avoir été fréquentés par un «coupable idéal»: Robin Gunningham. A savoir l'homme que le Daily Mail avait «accusé» d'être Banksy en 2008!

Mission accomplie?

Biologiste et coauteur de l'étude, Steven Le Comber, joint par la BBC, estime que le doute n'est plus permis: Banksy est Gunningham. «Au début, nous voulions isoler les 10 profils les plus intéressants et les évaluer sans les nommer. Mais il est rapidement apparu qu'il n'existe qu'un seul réel suspect», explique-t-il, ajoutant que le nombre de coïncidences entre l'agenda de Robin Gunningham et les mouvements de Banksy dans le monde depuis 2008 est plus que troublant. Peut-être. Mais pas suffisant pour déstabiliser le blog spécialisé dans les nouvelles technologies Gizmodo - lequel a mis en cause la justesse de ces conclusions au motif que Banksy «ne signe pas ses œuvres et que celles qui lui sont attribuées peuvent l'être à tort.»

Quant à Banksy, qui expose du 10 mars au 9 avril à la Galerie Bel-Air Fine Art, à Genève, il n'a pour l'heure ni infirmé ni confirmé. Mais il doit bien rire sous cap(uch)e...

Ton opinion