Hockey sur glace: Baptême de glace pour l'Indonésie tropicale

Publié

Hockey sur glaceBaptême de glace pour l'Indonésie tropicale

L'équipe nationale se rend pour la première fois à un tournoi international et rêve de succès malgré les défis.

L'équipe d'Indonésie de hockey sur glace à l'entraînement.

L'équipe d'Indonésie de hockey sur glace à l'entraînement.

AFP

Ils viennent d'un pays tropical plus connu pour ses plages paradisiaques et ses vagues attirant les surfeurs que les sports d'hiver. Pour sa première participation aux Jeux asiatiques d'hiver, dont la 8e édition aura lieu à Sapporo, au Japon, du 19 au 26 février, l'archipel d'Asie du Sud-Est sera représenté par ses hockeyeurs mais aussi des équipes de patinage artistique et de vitesse.

Pour les hockeyeurs indonésiens, qui s'entraînent ensemble depuis seulement quelques semaines, cette compétition représente le plus grand défi de leur vie sportive.

«C'est la toute première fois qu'ils vont disputer une véritable compétition internationale», déclare l'entraîneur malaisien Gary Tan, au cours d'une session d'entraînement dans une patinoire à la périphérie de Jakarta, la capitale indonésienne.

«Cela va être une tâche vraiment difficile, mais rien n'est impossible», dit-il. L'Indonésie, avec une équipe de 20 hockeyeurs et trois gardiens, sera confrontée à des formations bien plus expérimentées, telles le Japon et la Chine.

«Nous sommes évidemment des outsiders», estime Felix Utama, un hockeyeur de 26 ans, qui gagne sa vie en exerçant un emploi dans le secteur informatique.

Gare à Macao!

Le simple fait de réunir une équipe en mesure de participer à des entraînements réguliers est un défi à Jakarta, une métropole surpeuplée de plus de 10 millions d'habitants, connue pour ses embouteillages parmi les pires au monde.

Les bouchons obligent en effet les hockeyeurs, qui ont pour la plupart un emploi à temps plein, à passer jusqu'à deux heures dans leur voiture avant d'arriver à Bintaro, une ville à la périphérie de Jakarta où se trouve la patinoire.

Depuis peu, Tan y entraîne ses joueurs environ quatre fois par semaine pour les préparer aux Jeux asiatiques d'hiver, qui vont accueillir 2300 athlètes de plus de 30 pays.

A Sapporo, l'Indonésie sera dans le groupe de l'Iran, la Malaisie, Macao et le Turkménistan, des équipes «fortes et expérimentées», observe Tan.

Pour les Indonésiens, le problème, c'est que de nombreux adversaires viennent de pays où le hockey sur glace est plus ancré dans la culture nationale. Les hockeyeurs y pratiquent ce sport depuis tout jeune dans des régions bien plus froides, tel le Kirghizistan, pays d'Asie centrale.

«Le plus important, c'est l'état d'esprit, la culture. Quand vous grandissez dans une culture de hockey, dans un pays froid, c'est complètement différent car tout le monde vit avec le hockey», explique le coach.

Le hockey sur glace est loin d'être un sport pour l'Indonésie, un archipel de 17'000 îles et îlots au climat équatorial, avec des températures descendant rarement en dessous de 25 degrés dans la plupart des régions.

Ce sport agressif attire cependant un petit nombre d'amateurs dans un pays davantage tourné vers le badminton et l'haltérophilie, deux disciplines dans lesquelles l'Indonésie réussit bien au niveau international.

De plus, le hockey sur glace n'est pas facile à pratiquer dans ce pays de 255 millions d'habitants qui dispose en tout et pour tout de trois patinoires.

Mais cette situation n'entame en rien la motivation des joueurs de l'équipe masculine, qui pensent qu'ils ont leurs chances aux Jeux de Sapporo. «Nous allons vous montrer de quoi nous sommes capables», s'enthousiasme l'entraîneur adjoint, Andianto Hie.

«Nous allons faire de notre mieux et faire la fierté de notre pays», dit-il. Le ministère indonésien des Sports ne cache pas ses ambitions et rêve déjà de JO d'hiver, selon un porte-parole, Gatot Dewa Broto.

(si)

Ton opinion