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Etat-UnisBarack Obama «gracie» deux dindes à la Maison Blanche

Barack Obama a "gracié" les traditionnelles dinde de Thanksgiving. A quand remonte cette tradition? Un petit récapitulatif, utile notamment si vous allez demain partager une dinde chez un Américain.

Le quatrième jeudi du mois arrive ce 24 novembre. Et avec lui, la traditionnelle «dinde» de Thanksgiving.

Le président des Etats-Unis a aujourd'hui gracié deux dindes à la veille de la fête. Une décision qui n’a pas besoin de l’accord du Congrès, a-t-il plaisanté lors de la cérémonie (voir la vidéo).

«Certains d’entre vous savent que j’ai récemment pris un ensemble de mesures pour lesquelles l’accord du Congrès n’est pas nécessaire», a affirmé M. Obama, en allusion à la bataille qui l’oppose depuis septembre aux républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, sur son plan de relance de l’emploi.

«En voici une autre. Nous ne pouvons pas attendre pour gracier ces dindes!», a lancé M. Obama, en ayant recours à l’antienne «we can’t wait» dont il a fait le leitmotiv de sa campagne pour convaincre ses compatriotes du bien-fondé de son plan de 447 milliards de dollars.

La dinde en rock star au parc Disneyland

Depuis 1947, les producteurs de volaille offrent traditionnellement au Président en exercice une dinde lors d’une cérémonie à la Maison Blanche la veille du jour J. Celles-ci étaient à l’origine cuisinées et mangées – jamais libérées.

John Kennedy aurait été le premier Président à préférer «garder la dinde», même si à l’heure actuelle, des doutes subsistent quant à la toute première grâce présidentielle. Selon les discours, Lincoln aurait refusé de sacrifier la dinde chouchoute de son fils Tad, et Truman aurait quant à lui pris cette initiative dès 1947 - thèse qu’aucune preuve ne vient cependant étayer. Suivant le même chemin, en 1989, George Bush père «gracia» officiellement l’oiseau qui lui avait été offert. Dès lors, la tradition est restée: chaque Président a épargné la volaille au lieu de la découper. Depuis 2005, l’oiseau «élu» est accueilli en star au parc Disneyland, où il parade désormais avant de couler des jours heureux dans l'un des ranchs du parc.

Back to the roots

Aux Etats-Unis (car, également célébrée, la fête a une autre histoire au Canada) les origines de Thanksgiving remontent au XVII siècle. En 1620, des dissidents anglais (appelés Pères Pèlerins) arrivèrent dans le Massachusetts, dans la baie de Plymouth, et y fondèrent la ville homonyme.

La moitié d’entre eux périt bien vite de maladies tropicales. Tous y seraient passés si un autochtone, nommé Squanto, n’était pas intervenu pour fournir aux Anglais nourriture et boisson.

Après leur rétablissement et leurs premières récoltes, le gouverneur William Bradford décréta trois jours d’action de grâce, au cours desquels une centaine d’autochtones furent invités à partager le repas des colons. Un échange de pigeons et de dindes sauvages scella cette amitié. Au fil des années, cette coutume a été perpétuée à travers tout le territoire des Etats-Unis.

George Washington proclama en 1789 le premier «Thanksgiving Day» officiel – faisant alors davantage référence à la providence divine qu’aux Indiens d’Amérique. Les festivités changeant de date et de style à travers les âges, le repas de «l’action de grâce» est aujourd’hui composé de dinde – découverte par les premiers Européens arrivés dans le Nouveau Monde, et de mets d’automne.

L’occasion pour de nombreux Américains à travers le monde de se réunir entre amis ou en famille autour d’une table bien garnie.

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