Australie: Barry, le papy qui a tué 1441 chats. Et il en est fier

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AustralieBarry, le papy qui a tué 1441 chats. Et il en est fier

Barry Green abat des chats sauvages depuis vingt ans. Avec leurs restes, il confectionne des chapeaux ou marque-pages. Mais c'est pour la bonne cause.

par
Renaud Michiels
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Complément d'enquête, de France 2, a dressé le portrait de l'Australien Barry Green, connu comme le «catman», l'homme-chat. Mais les matous, il les tue.

Complément d'enquête, de France 2, a dressé le portrait de l'Australien Barry Green, connu comme le «catman», l'homme-chat. Mais les matous, il les tue.

Complément d'enquête
Un chat pris dans un des pièges de Barry Green. Il sera tué «humainement», assure l'habitant de Kangaroo Island, au sud du pays.

Un chat pris dans un des pièges de Barry Green. Il sera tué «humainement», assure l'habitant de Kangaroo Island, au sud du pays.

Complément d'enquête
Barry Green a abattu près de 1500 chats sauvages. Et il les «recycle». France 2 a visité sa maison.

Barry Green a abattu près de 1500 chats sauvages. Et il les «recycle». France 2 a visité sa maison.

Complément d'enquête

Âmes sensibles et amoureux des chats, passez votre chemin. Jeudi soir sur France 2, l'émission Complément d'enquête a dressé le portrait de l'Australien Barry Green. Un retraité de 66 ans a l'air bonhomme arborant une grosse barbe blanche. Mais il s'agit d'un papy qui passe son temps à tuer des chats. Des centaines de chats. Il en est à 1441. Puis il confectionne d'improbables objets avec leurs peaux et restes… Et les autorités applaudissent.

«Salut, on m'appelle catman, l'homme chat», lance-t-il dans le reportage français intitulé «Matous à mater». Barry Green vit sur Kangaroo Island, la 3e plus grande île d'Australie, au sud du pays. Il dispose ses pièges à chats sauvages un peu partout. Un matou est attiré dans une cage par de nourriture pour chats. Elle se ferme. Il est pris.

«Je ne ressens plus rien»

Barry Green en a attrapé un lors du reportage. Il explique qu'il va le «supprimer humainement»: un coup de fusil. Puis commente: «je l'ai fait tellement de fois que je ne ressens plus rien». Ça fait effectivement vingt ans qu'il abat des félins. Et de préciser: «je suis un défenseur de la nature autodidacte».

Défenseur de la nature? Oui: les chats sauvages sont considérés comme un véritable fléau en Australie. Tout le pays est engagé dans leur abattage. Kangaroo Island veut même les exterminer tous jusqu'au dernier d'ici 2030. Car ils déciment la faune indigène. Et pourraient introduire des maladies dans les élevages de mouton.

«Des machines à tuer»

«Des recherches sur le terrain ont démontré que les chats sauvages tuent entre 4 et 20 animaux locaux par jour. Ça va de la sauterelle au wallaby en passant par le bilby» (un petit marsupial, ndlr), avait détaillé le responsable australien des espèces menacées Gregory Andrews dans le «Sydney Morning Herald». «Ce sont des machines à tuer très efficaces».

Barry Green a donc le soutien des autorités. D'autant qu'il tue bénévolement. Il a même reçu une distinction pour son activité. Mais l'Australien ne se contente pas d'abattre des chats, il les «recycle». Il a ouvert les portes de sa maison pour France 2. Et pour qui aime les chats ça ressemble un peu à un musée des horreurs.

Un chat transformé en boîte

On y voit des peaux de chats. Mais aussi une «œuvre» au mur mêlant têtes de chats et plumes d'oiseaux. «Ils mangent beaucoup d'oiseaux, beaucoup», commente le propriétaire des lieux. Ou encore un chat transformé en boîte, qui contient du papier toilette. Barry Green confectionne aussi des marque-pages, des casquettes et chapeau ou des aimants pour réfrigérateur à partir des restes de matous sauvages.

«Violé par des chats sauvages»

Sur l'île, il est devenu une célébrité. Et il dit n'avoir aucun problème: à peine deux mails de menaces en deux ans. Pour les autorités, par contre, la guerre contre les chats sauvages n'est pas acceptée par tous. Mais les critiques viennent surtout de l'étranger. Depuis qu'il est en poste, à Canberra, Gregory Andrews est continuellement insulté et menacé, surtout sur les réseaux sociaux. «Une personne a écrit sur Facebook qu'elle espérait que je serais violé par des chats sauvages. Une autre a souhaité que je brûle en enfer. Un troisième espère que je serai la prochaine cible de Daech», avait-il expliqué.

De son côté, catman Barry Green entend bien continuer à attraper et abattre des chats sauvages. «Je fais du bon boulot», glisse-t-il.

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