FOOTBALL: Bastien Toma: «Je suis sorti de ma zone de confort»
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FOOTBALLBastien Toma: «Je suis sorti de ma zone de confort»

À 21 ans, l’ex-joueur du FC Sion a retrouvé une place de titulaire indispensable à Genk. Première expulsion, premier but: il évoque sa nouvelle vie et comment il a réussi à surmonter ses doutes.

par
Nicolas Jacquier
Dimanche dernier, Bastien Toma avait ouvert son compteur en Belgique en signant le 2-1 pour Genk contre Bruges dans le match au sommet du championnat.

Dimanche dernier, Bastien Toma avait ouvert son compteur en Belgique en signant le 2-1 pour Genk contre Bruges dans le match au sommet du championnat.

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«Un premier but dans un club, cela ne s’oublie pas…» Ce week-end, Bastien Toma (21 ans) a inscrit sous les couleurs du KRC Genk sa première réussite lors du match au sommet contre Bruges. «Cela n’a malheureusement pas suffi pour qu’on l’emporte.» Défait 3-2 sur la pelouse du leader, Genk occupe le deuxième rang de la Jupiler League avant d’accueillir ce soir Zulte Waregem.

Au bout du fil, on sent un Bastien épanoui, au service d’un club qui lui convient. «Même si je dois encore progresser dans plusieurs domaines, confirme-t-il, j’ai le sentiment de devenir chaque jour un meilleur joueur. Je suis dans un club qui aime le ballon. Notre ADN, c’est de jouer. Alors je suis servi…»

«Quand je suis arrivé, on me considérait comme le p’tit Suisse. On me regarde aujourd’hui autrement.»

Bastien Toma, milieu de terrain du KRC Genk

Peu suivi à l’extérieur de ses frontières, le championnat de Belgique gagnerait à l’être davantage selon notre interlocuteur. «Il y a plus de foot, plus de jeu et plus d’intensité qu’en Super League, compare-t-il. Tout va surtout beaucoup plus vite.» Son statut a aussi changé. Loin du cocon familial protecteur, il est désormais un mercenaire, un étranger, dont l’on attend forcément plus. «Quand je suis arrivé ici, reprend-il, on me considérait comme le p’tit Suisse. On me regarde aujourd’hui autrement, le regard des gens a changé

Plusieurs changements de coach

S’il s’est habitué à sa nouvelle vie, l’ancien milieu de terrain du FC Sion le reconnaît pourtant: ses premiers mois, de son aveu même, ont été compliqués. «La langue, le pays, l’environnement… Tout était nouveau pour moi, je ne connaissais personne

La faute également à plusieurs changements d’entraîneur successifs. Moins de 10 jours après l’arrivée de Toma, le club flamand avait viré l’Allemand Hannes Wolf, remplacé par le Danois Jess Thorup, dont la très courte ère allait durer moins de cinq semaines. Sollicité par le FC Copenhague alors qu’il venait pourtant de s’engager en Belgique jusqu’en 2023, Thorup a préféré se rapprocher de sa famille restée au pays.

Le premier carton rouge de sa vie

Après un nouvel intérim, Genk est désormais entraîné par l’ancien international néerlandais John van den Brom (54 ans). «J’ai connu en quelques mois tout ce qu’un footballeur peut vivre dans une carrière. Ça allait dans tous les sens, c’était du condensé!»

Bastien Toma fait aussi référence au carton rouge, le premier de sa vie, qu’il avait reçu dès son deuxième match pour une faute davantage maladroite que méchante. «Mon pied est resté sur la cheville de mon adversaire, c’est de la malchance. On refait 10 fois la même action, il ne se passe rien.»

«Personne ne s’entraîne la semaine pour être relégué en tribunes le week-end, c’est frustrant.»

Bastien Toma, milieu de terrain du KRC Genk

Revenu blessé de la pause internationale avec les espoirs helvétiques, l’ex-milieu de terrain de Tourbillon (91 matches/10 buts) a aussi dû composer avec une blessure qui, ajoutée à l’arrivée d’un nouveau coach, lui a fait perdre sa place avant Noël. Au point de ne plus être convoqué. «Durant ces semaines compliquées, explique le jeune international M21 avec la lucidité qui le caractérise, j’ai été confronté à la dureté du milieu du foot. Le plus pénible, c’est pour le mental. Personne ne s’entraîne la semaine pour être relégué en tribunes le week-end, c’est frustrant. Mais je n’ai pas paniqué. Au lieu de lâcher, j’en ai fait encore plus, sachant que mon tour reviendrait. Avec le recul, je pense même que cette expérience m’a fait grandir en tant que personne.»

Depuis la reprise de janvier, le Valaisan, au bénéfice d’un contrat longue durée (il s’est engagé jusqu’en juin 2024), s’est imposé comme un titulaire indispensable. Le No 11 de la Luminus Arena a très probablement déjà changé de dimension. À 21 ans, il a aussi mûri. «Je suis sorti de ma zone de confort. À Sion, même à l’entraînement, je travaillais bien mais sans forcément chercher ce qui te fait vraiment progresser. Je savais que ça passait comme ça...» Dorénavant, Bastien Toma se contente du maximum. «Il faut constamment aller chercher le plus.»

Et si Sion et Genk s’affrontaient, qui l’emporterait? «Je pense quand même que ce serait nous!»

Deux repas chaque jour au stade

Ville néerlandophone de Belgique située en Région flamande dans la province de Limbourg, Genk compte quelques 67’000 habitants. «Je suis proche de tout», apprécie Bastien Toma. Chaque matin, il quitte son appartement pour rejoindre le centre d’entraînement du club (annexé au stade) et prendre le petit-déjeuner avec ses nouveaux coéquipiers dès 8h30. «On partage beaucoup de choses ensemble. Cela fait partie de la vie du groupe.»

Après l’entraînement matinal, l’équipe se retrouve pour le repas de midi, à nouveau pris en commun, avant la «libération», qui intervient en début d’après-midi généralement. «Cela permet de renforcer les liens. Quand tout le monde s’éparpille dans la nature dès la fin de l’entraînement, ce n’est pas très drôle.»

Depuis le début de la semaine, Bastien bénéficie aussi de la présence rassurante de sa maman. «Elle m’avait déjà accompagnée durant quelques semaines lors mon arrivée. Je suis content qu’elle soit de retour, et pas seulement pour la cuisine. Dans ce domaine aussi, j’ai fait des progrès!» (Rires)



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