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Votation du 9 févrierBataille frontale contre les milliards pour le rail

L'homme qui a gagné la votation sur les minarets et sur la vignette auto repart au combat. Il veut enterrer le projet de 6,4 milliards pour le rail qui profiterait notamment à l'arc lémanique. Va-t-il réussir? Notre analyse.

par
Arthur Grosjean
Le conseiller national Walter Wobmann, président de swiss moto, en train de participer à une manifestation en faveur des motards.

Le conseiller national Walter Wobmann, président de swiss moto, en train de participer à une manifestation en faveur des motards.

Le conseiller national Walter Wobmann (UDC/SO) ne s'embarrasse pas de nuances. Pour lui, le fait que les usagers de la route subventionnent en partie le rail est une injustice crasse. Et il pense que le projet de financement et d'aménagement de l'infrastructure ferroviaire (FAIF), qui passe en votation le 9 février prochain, est «une véritable tromperie». Il l'a martelé ce lundi 23 décembre au centre des médias de Berne à la tête d'un comité qui prône le non.

«Un montant délirant»

Cet objetrappelons-le, va permettre de désengorger les trains, notamment sur l'arc lémanique. Pourquoi Wobmann s'y oppose-t-il? Parce qu'il coûte selon lui les yeux de la tête. «Le Parlement a augmenté l'investissement initial déjà bien élevé de 3,5 milliards à un montant délirant de 6,4 milliards de francs. Cette folie des transports publics saigne la collectivité avec des augmentations d'impôts». L'affiche de campagne du non montre d'ailleurs des traverses d'une voie de chemin de fer cloués avec... des diamants.

C'est clair, brut de décoffrage et efficace. Mais faut-il accorder beaucoup d'attention à ce conseiller national UDC de seconde zone, inconnu en Suisse romande? Eh bien oui. Parce que Walter Wobmann, s'il n'est pas un caïd de l'UDC, est un électron libre particulièrement redoutable. C'est l'homme qui a porté l'initiative pour l'interdiction des minarets alors que son parti se bouchait le nez. C'est aussi lui qui a lancé la fronde contre la vignette auto en novembre dernier et qui s'est soldé par un fiasco de la conseillère fédérale Doris Leuthard.

Le 6e sens de Wobmann

Walter Wobmann, mécanicien auto de formation et président central de la Fédération motocycliste suisse (voir photo), a un sixième sens pour sentir les thèmes porteurs auprès de la population, même si au départ les soutiens sont maigres. Doit-on s'attendre à une énorme surprise le 9 février avec un non au rail?

On pariera cette fois plutôt le contraire. Certes rallumer la guerre route-rail, en brandissant le pauvre automobiliste vache-à-lait, peut faire engranger des voix. Mais de là à atteindre une majorité, c'est une autre histoire.

Le TCS soutient FAIF

Si on compare la votation sur le rail avec celle sur l'augmentation de la vignette , il y a deux différences principales. D'abord, le besoin. Personne ne conteste que les trains aux heures de pointe sont saturés sur les grands axes. Il est donc urgent d'agir. Pour la vignette, en revanche, on ne voyait pas très bien l'utilité de construire en priorité les contournements du Locle et de La Chaux-de-Fonds.

Deuxième différence: Wobmann n'a cette fois-ci pas les poids lourds de la route à ses côtés pour la bataille. Le TCS et l'ACS ne combattent pas FAIF. Or ce sont eux qui avaient fait pencher la balance sur la vignette suite à une campagne musclée. Le conseiller national UDC va devoir cette fois se contenter du soutien des importateurs de voitures, voire de celle des camionneurs auto-suisse. Cela ne devrait pas être suffisant pour gagner le 9 février.

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