Actualisé 18.07.2020 à 18:25

MotocyclismeBattre Marquez, une mission impossible?

En MotoGP, le championnat du monde commence ce dimanche à Jerez de la Frontera. Le tenant (de multiples titres) peut-il être inquiété sur la durée?

par
Jean-Claude Schertenleib

De la théorie à la pratique, un sacré fossé

Les observateurs sont unanimes, qu’ils soient sur place ou tenus éloignés de l’Andalousie, qu’ils prennent le soleil ardent ou qu’ils suivent tout cela, confortablement installés à l’air conditionné, un œil sur l’écran (plus ou moins grand), une bière – attention aux excès! – bien fraîche qui les attend. Battre Marc Marquez à Jerez, pour la reprise, c’est possible dit la théorie: «Il faudra le mettre sous pression dès le début, le forcer à la faute. Car dès que les pneus commenceront de souffrir, par cette grande chaleur, on ne le reverra plus.» Belle théorie. Mais la pratique? «C’est là qu’est tout le problème: pour mettre Marquez sous pression, ses adversaires devront «taper» dans leur capital pneumatique en début de course, et ils pourraient ensuite connaître des problèmes.» Message compris? Le grand favori, même s’il a été battu dans l’exercice de la pole position par l’extraordinaire Fabio Quartararo, c’est toujours le même.

Suzuki perd déjà un atout

Programme compressé oblige – 13 courses d’ici le 15 novembre -, avec des GP à suivre (deux à Jerez; il y aura ensuite, après une semaine de pause, trois courses en trois semaines, entre Brno et l’Autriche), la blessure est plus que jamais éliminatoire. Or, un des outsiders désignés par beaucoup, Alex Rins (Suzuki), manquera déjà à l’appel dimanche et le prochain: victime d’une chute impressionnante en qualification, l’Espagnol a été relevé avec une dislocation de son épaule droite et une fracture de la tête de l’humérus. Il pourrait subir une opération. Du coup, les «bleu» n’auront plus qu’un pion dans le jeu, Joan Mir. On ne sait pas encore si, pour la deuxième course de Jerez, dans une semaine, Suzuki fera venir son pilote de test, le Français Sylvain Guintoli.

Les bons mots de Cal Crutchlow

Le Britannique est une exception appréciée dans le paddock, grâce à son franc-parler. Chez lui, le politiquement correct est une langue qu’il n’apprécie pas et quand, le regard taquin, il est décidé à sortir quelques vérités, c’est toujours un régal. Ainsi, lui qui n’a plus les faveurs de Honda pour l’an prochain, a lancé l’autre jour: «Je croyais que Honda voulait un pilote plus rapide que moi, non?» Crutchlow, qui est le seul depuis Dani Pedrosa à avoir à plusieurs reprises soutenu le rythme de Marquez au guidon de la RC213, s’élancera en deuxième ligne (sixième temps); son futur remplaçant dans le team satellite dirigé par Lucio Cecchinello, Alex Marquez, est vingt-et-unième. Que va devenir Cal? «Alberto Puig (le manager du HRC) veut me parler de superbike», a-t-il glissé. Mais on sait qu’il a également des ouvertures dans les deux usines italiennes, Ducati et Aprilia.

Lüthi dans l’impasse

Si Dominique Aegerter s’élancera de la première ligne de la grille de départ de sa première course MotoE, son voisin bernois Tom Lüthi n’est pas sorti de l’impasse. Dix-neuvième sur la grille Moto2, seul un miracle nocturne, confirmé lors du warm-up matinal, peut lui sauver son GP: «La chaleur est un problème, mais ce n’est pas une excuse, parce qu’elle est la même pour tous. Nous ne trouvons tout simplement pas la solution technique, je n’ai pas de feeling.» Au Qatar déjà, Lüthi était parti de loin (18e), pour sauver les 6 points de la dixième place. Rien à voir, décidément, avec celui qui avait dominé les essais hivernaux, sur ce même circuit de Jerez de la Frontera.

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
0 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé