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MusiqueBB Brunes: «Les machines, c'était le diable»

À 18 ans, ils ne juraient que par le rock. Dix ans après, les BB Brunes sont inspirés par la pop des années 1980 et les sons urbains d'aujourd'hui.

par
Laurent Fluckiger
De g. à dr.: Adrien Gallo, Félix Hemmen et Bérald Crambes. Karim Réveillé était excusé.

De g. à dr.: Adrien Gallo, Félix Hemmen et Bérald Crambes. Karim Réveillé était excusé.

Maxime Schmid

Bébés rockers. En 2007, l'étiquette se retrouve sur toutes les unes de magazines de musique, aussi adhésive que les jeunes filles qui écoutent ces groupes encore mouillés derrière les oreilles. Leurs noms: les Naast, Plasticines, Second Sex, Shades, BB Brunes. Moyenne d'âge: 18 ans. Si tous n'ont pas implosé, ce sont bien ces derniers qui tournent encore, sortent des disques, sont même nommés aux dernières Victoires de la musique (catégorie album rock, qu'a finalement remportée Shaka Ponk). Il faut dire que leur «Puzzle», 4e album dévoilé à la fin de l'été 2017, est un petit bijou mélodique, loin des premières amours rock'n'roll et surtout inspiré par la pop des années 1980 qu'a composé Adrien Gallo, le meneur des BB. Nous l'avons rencontré à Lausanne, lui ainsi que Félix Hemmen (guitare) et Bérald Crambes (basse) – le batteur, Karim Réveillé, était excusé. On enclenche le babyphone.

Vous êtes les seuls survivants de la génération «baby rockers». Comment y êtes-vous parvenus?

Adrien. – Grâce à la passion. On avait envie de travailler, on était d'accord de faire des concessions, comme partir sur les routes et ne plus voir nos proches. On ne s'est pas trop enflammés non plus, même si on a eu du succès très jeunes. On est restés concentrés sur la musique. On ne va pas cacher que cette étiquette de bébés rockers nous a offert de la publicité, mais on a tracé notre chemin.

Vos détracteurs disaient que vous n'iriez pas au-delà d'un album… Qu'aimeriez-vous leur dire aujourd'hui?

A. – (Rires.) «Merci.» Ça motive, les gens qui n'y croient pas. On a envie de leur prouver le contraire.

Félix. – Ils parlaient avant tout du mouvement, et là-dessus ils ont eu raison.

A. – Aujourd'hui, c'est le hip-hop qui domine.

Justement. Quelle est la cohérence entre vos 4 albums?

A. – La façon d'écrire est la même. Ma voix aussi.

Bérald. – On reconnaît les riffs, la façon de jouer de la batterie. Le cœur est le même.

Félix. – Avec le temps, je me suis intéressé à d'autres choses que la guitare, comme les boîtes à rythmes. Chiner sur Internet des modèles des années 1980-1990, ça me fait kiffer aujourd'hui. Il y a dix ans, c'était le diable pour moi! C'était guitare-basse-batterie, j'étais très pur. (Rires.)

Pourquoi avoir abandonné le rock?

A. – C'est juste qu'on en avait envie.

B. – Ça s'est fait au fil des albums.

A. – On est imprégnés d'autres choses, on n'écoute plus uniquement les Ramones ou les Libertines. Frank Ocean ou The Weeknd, ça me parle énormément. Christophe, qui est un artiste très synthétique, me fascine. Mais ça ne m'étonnerait pas que le monde retourne vers quelque chose de plus acoustique. C'est déjà un peu en cours avec notamment Mac DeMarco. Moi, ça me tente énormément pour un futur album.

Dans quelle direction vouliez-vous aller pour composer «Puzzle»?

A. – Dans ma tête, c'était quelque part entre Drake, Christophe et Arctic Monkeys.

F. – La chanson-titre d'ouverture représente bien tout ce qu'on peut trouver sur le disque: un gros riff de guitare, un synthé, une boîte à rythmes, une

Adrien, Pierre Niney fait partie de vos meilleurs amis.

À quand vous dans un de ses films ou lui qui chante un titre des BB Brunes?

A. – Il a joué dans notre clip de «Cul et chemise» et je me rappelle qu'il a fait lui-même des bandes-annonces pour notre 2e album. Mais aujourd'hui il est trop busy (ndlr: occupé)! (Rires.) Le cinéma est quelque chose qui m'attire et en même temps qui me fait peur parce que je pense que je ne suis pas très bon comédien. J'en ferai un jour, mais ma passion c'est la musique.

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