Ski alpin: Beat Feuz: «En 2017, je me suis dit que ma chance était peut-être passée»
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Ski alpinBeat Feuz: «En 2017, je me suis dit que ma chance était peut-être passée»

Ni le vent, ni le brouillard et encore moins ses adversaires: Beat Feuz a été impérial ce week-end à Kitzbühel. Interview du «Doppelsieger» 2021.

par
Sylvain Bolt, Kitzbühel
Beat Feuz a été le héros des deux descentes de Kitzbühel. 

Beat Feuz a été le héros des deux descentes de Kitzbühel.

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Beat Feuz, comment avez-vous géré cette interruption de la course juste avant votre passage?

L’arrêt de la course a ne m’a pas trop perturbé. Il s’est passé environ 15 secondes après le départ d’Andreas Sander jusqu’à ce que le «Start-Stop» intervienne. J’ai d’abord cru qu’il avait chuté, puis j’ai compris que c’était en raison du brouillard. L’officiel m’a demandé combien de temps j’avais besoin pour ma préparation. J’ai demandé deux minutes, pour retrouver une sensation de stress au départ. Cela ne devait pas être trop long, pour éviter de trop réfléchir et d’arriver sur des pensées négatives.

Avez-vous tremblé lors du passage du surprenant italien Florian Schieder en tête sur quasi-tout le tracé malgré son dossard 50…

Cela aurait quand même été une sacrée surprise qu’il me devance! Mais il a fait une course exceptionnelle (ndlr: Schieder était en avance de 18 centièmes sur Feuz au troisième temps intermédiaire, et il n’avait que 17 centièmes de retard au quatrième pointage avant de se classer 14e, à 1’’43 du Bernois). Je suis sorti de la tente pour voir sa course, j’étais tout fou, comme un gamin. Le soleil est ressorti, c’était une grosse attente. Du coup, j’ai été vraiment rassuré seulement lorsque le dernier skieur a terminé sa course.

«Sur la Streif, c’est nécessaire de prendre des risques, mais je n’en ai pas pris autant que vendredi.»

Après votre premier succès vendredi, avez-vous pris autant de risques dimanche?

Sur la Streif, c’est nécessaire de prendre des risques, mais je n’en ai pas pris autant que vendredi. La visibilité était mauvaise, je dois avouer que je n’ai pas vu grand-chose dans le Steilhang.

Vous n’êtes plus «maudit» sur la Streif. En avez-vous eu marre qu’on vous questionne chaque année par rapport à cette première victoire?

La seule fois où cette question m’a réellement énervé, c’était en 2017 lorsque j’ai chuté dans la traverse finale alors que j’avais course gagnée. Ce jour-là, je me suis dit que ma chance était peut-être passée. Très vite, j’ai eu le recul de me dire que terminer deuxième à Kitzbühel était une grosse performance. Je suis alors revenu plus calme, en essayant de repartir de cette étape en étant satisfait de mon ski.

Johan Clarey termine deuxième à 40 ans. Vous arrivez à vous imaginer être présent dans sept ans?

Là, maintenant, je vous répondrais non (rires). Je me sens déjà vieux. Johan est vraiment un super type et ses résultats ici sont impressionnants (ndlr: trois fois quatrième, une fois troisième et une fois deuxième). Mais si vous m’aviez posé la question en 2013, lorsque j’ai souffert de ma grave infection au genou gauche qui avait failli mettre un terme à ma carrière, je vous aurais alors certainement répondu que je ne m’imaginerais pas gagner la Streif deux fois en 2021…

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