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Bébés échangés : la justice italienne prend son temps

La justice italienne a décidé vendredi de repousser à une date ultérieure son verdict dans une affaire d'embryons échangés dont sont nés le 3 août deux jumeaux réclamés désormais par deux couples, a annoncé un avocat.

Des éprouvettes mélangées le jour de la fécondation in vitro sont à l’origine du drame pour deux familles.

Des éprouvettes mélangées le jour de la fécondation in vitro sont à l’origine du drame pour deux familles.

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La juge Silvia Albano du Tribunal civil de Rome a décidé à l'issue d'une audience de près d'une heure de prendre un temps de réflexion pour décider si le recours des parents biologiques est recevable.

Ces derniers demandent que les jumeaux ne soient pas inscrits à l'état civil italien dans l'immédiat et qu'ils leurs soient confiés.

Le couple porteur en revanche ne veut pas les céder mais a annoncé dans le même temps sa volonté de porter plainte et de réclamer des dédommagements à l'hôpital où s'est produit l'échange d'embryons, a précisé leur avocat, Me Michele Ambrosini.

A l'annonce de la naissance des deux jumeaux, les parents biologiques se sont déclarés «heureux que tout se soit bien déroulé» regrettant toutefois «de ne pas avoir le plaisir de pouvoir serrer dans +leurs+ bras les deux nouveau-nés».

«Nous avons conscience de leur douleur, et nous en souffrons, ceci étant dit nous avions proposé de les rencontrer mais ils n'ont jamais répondu», a de son côté confié le «couple porteur» au quotidien la Stampa.

Ce journal avait révélé en avril dernier qu'à l'hôpital Sandro Pertini de Rome, une femme enceinte de plus de quatre mois de jumeaux ne portait pas les bébés conçus par fécondation assistée avec son mari mais ceux d'autres parents.

Elle l'a appris au troisième mois de sa grossesse après un test destiné à déceler des problèmes génétiques, d'où il est ressorti que ni elle ni le père n'étaient les vrais parents génétiques des jumeaux.

Selon la presse, l'erreur de l'hôpital à l'origine de cet échange d'embryons serait due à une presque parfaite homonymie entre les deux couples dont les noms de famille «ont cinq lettres identiques sur sept», écrit La Repubblica.

Cette affaire avait suscité de nombreux remous en Italie où elle a été très médiatisée.

mhm/ljm/mr

(AFP)

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