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ViolenceBegnins subit quatre casses en une nuit

Trois cafés et une épicerie du village vaudois cambriolés ce week-end. Après les banques, les voleurs visent-ils les restos?

par
Albertine Bourget

«Quand vous entrez dans votre café et que tout est sens dessus des- sous, cela fait un choc», confie Karim Marabet. Samedi matin, le patron de l'Hôtel-Café-Restaurant L'Ecu Vaudois à Begnins (VD) a eu la mauvaise surprise de découvrir les portes de son établissement défoncées, les tiroirs vidés. «Ils ont même fouillé les poches des vêtements des serveurs. On a l'impression d'être violé.» Se sont envolés la recette de la journée, le fonds de caisse et les pourboires que devaient se partager les serveurs, soit plusieurs milliers de francs. Heureusement, les cambrioleurs n'ont trouvé ni le coffre-fort ni l'accès aux chambres.

Même scénario dans trois établissements de la Grand'Rue, à quelques pas de là. Au Margaux, les voleurs se sont emparés du coffre-fort. Par contre, au Café du Raisin, «où tout a été défoncé» selon la patronne Marie-José Defferrard, les malfrats sont repartis quasi bredouilles. «Nous n'avons pas de liquide ici. Les clients paient par carte!» Enfin, l'épicerie de ce village proche de Nyon a elle aussi été cambriolée. En tout, les malfrats ont emporté «entre 4000 et 5000 francs», selon Eric Flaction, répondant presse de la police cantonale. Une enquête a été ouverte.

Après les stations-service ou les guichets de banque, les lieux de restauration deviendraient-ils la nouvelle cible des malfrats? Ces derniers jours, la Suisse romande a été le théâtre de plusieurs incidents plus ou moins graves. Ainsi, le soir du vendredi 8 novembre, trois individus encagoulés ont surgi, arme au poing, dans le café de Treycovagnes (VD) et tenté de s'emparer de la caisse. Le dimanche, c'est à Genève que le patron d'un petit grill portugais était grièvement blessé. Tout près de son établissement, il s'est opposé au cambriolage de sa voiture et a été poignardé.

A Begnins, les voleurs ont attendu que les établissements soient fermés. Selon les témoignages recueillis, ils étaient préparés. «Des habitants m'ont raconté avoir vu des voitures stationnées dans la rue, tous phares allumés, en pleine nuit», indique Marie-José Defferrard. Elle rappelle que son établissement avait déjà été cambriolé cet été. Pour Karim Marabet, c'est la seconde fois en moins de deux mois.

Patrouilles privées

Au village, désormais, chacun va redoubler de vigilance. L'Ecu Vaudois devrait s'offrir une alarme. «On va se serrer les coudes», déclare Karim Marabet. Marie-José Defferrard envisage des patrouilles de nuit effectuées par une entreprise de sécurité. Et crie son ras-le-bol: «Je tiens mon restaurant depuis vingt-sept ans et là c'est la deuxième fois en quatre mois!» Elle s'emporte contre ce qu'elle appelle le «fossé entre les politiques trop laxistes et les réalités du terrain». «Avant, il y avait un gendarme qui patrouillait. Aujourd'hui, plus rien! Et après on nous parle de ne pas laisser mourir les villages!»

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