Football: Benjamin Kololli: «Rattraper le temps perdu»
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FootballBenjamin Kololli: «Rattraper le temps perdu»

En délicatesse ces derniers mois, le Vaudois du FC Zurich a inscrit un triplé en amical mardi matin face au Hallescher FC (D3 allemande).

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Sport-Center
Benjamin Kololli peut retrouver la pleine mesure de ses capacités.

Benjamin Kololli peut retrouver la pleine mesure de ses capacités.

Keystone

Deux saisons très abouties au Lausanne-Sport, six premiers mois carrément éclatants à Zurich: c’est peu dire qu’on attendait beaucoup de Benjamin Kololli en 2019. Sauf qu’entre blessures, poisse et passages à vide, le Béllerin ne s’est pas élevé au niveau où il était espéré. Il en est le premier conscient, le premier déçu.

Annoncé potentiellement partant pour l’étranger l’été dernier selon certaines rumeurs, le technique ailier est finalement resté fidèle à un FCZ qui n’a pas manqué de se renforcer à son poste. Ses concurrents directs se nomment Aiyegun Tosin ou Marco Schönbächler et ces hommes-là carburent à plein régime au sein d’une équipe qui tourne (4e à huit points de Young Boys). Ce qui explique que le Kosovar apparaît un peu moins comme indispensable à Ludovic Magnin qu’il y a quelques mois.

Pas sûr que Benjamin Kololli ait complètement redistribué les cartes en frappant trois fois mardi matin en Turquie, lors de la victoire 4-3 face à Hallescher, club de troisième division allemande. Toujours est-il qu’il a envoyé un premier signal: 2020 sera d’un tout autre standard pour lui.

Benjamin, on imagine que ces trois buts vous font beaucoup du bien...

On peut le dire, oui! Ce n’était qu’un match amical, il n’y a pas à s’enflammer, mais l’adversaire était de qualité. J’ai pu jouer nonante minutes, les sensations étaient bonnes, c’est parfait.

Comment vous expliquez cette année écoulée, et surtout ce début de saison, si compliqués pour vous?

D’abord, c’est vrai, je n’ai pas été à la hauteur. Les gens s’attendaient à mieux, moi aussi. J’ai contracté plusieurs petites blessures qui m’ont sorties du rythme. La réussite m’a fuie par moments, aussi. Et puis, l’équipe a souvent bien tourné grâce aux autres milieux de couloir, qui réalisent une très belle saison. Avec ce qu’ils montrent, c’est difficile de leur prendre leur place.

Un départ à l’étranger n’était pas complètement inenvisageable l’été dernier. Le fait d’être finalement resté à Zurich a-t-il pu fragiliser votre position?

(Il réfléchit) C’est dur à dire… Oui, peut-être. Le club s’est renforcé en prévision d’un éventuel départ de ma part, ce qui est normal. De mon côté, je suis peut-être un peu resté dans la rythme de la fin de la saison dernière, où tout ne tournait pas idéalement pour l’équipe.

On peut parler d’un coup d’arrêt dans votre carrière?

C’est un peu comme ça que je le ressens. Au LS, mes performances étaient franchement intéressantes. Je me suis même trouvé vraiment bon en 2018, clairement la meilleure année de ma carrière. À présent, il faut que je rattrape le temps perdu depuis.

Comment vous voyez votre avenir?

Ça ne va pas être facile de me refaire une place sur le devant de la scène à Zurich. En tout cas, cela va prendre du temps. Mais je m’y sens bien, et je suis en contrat jusqu’en juin 2021. Mon futur se trouve là. L’idéal, ce serait de rebondir dès ce printemps, pour pouvoir réaliser à nouveau une vraie bonne saison complète dès cet été.

Vous l’avez dit, l’équipe tourne bien en ce moment. Aller chercher le trio de tête, ça vous paraît jouable?

On a envie d’offrir au public un printemps palpitant. Cet automne, on est passés à côté de certains matches qu’on aurait pu largement mieux négocier. Je pense notamment à ce 5-0 contre Servette. Quand on repense à ça et qu’on voit que Saint-Gall n’est qu’à cinq points, on se dit qu’il y a vraiment un coup à jouer.

Pour vous changer les idées au besoin, il y a cette inarrêtable équipe du Kosovo…

Et ces deux matches tellement importants qui nous attendent en mars (ndlr: en Macédoine et, en cas de victoire, face au gagnant du duel Géorgie - Bélarus)! On sait qu’on peut réaliser quelque chose de grand. Se qualifier pour l’Euro, ce serait formidable pour le pays. Et d’un point de vue personnel, y participer constituerait un énorme aboutissement.

On a l’impression que toute la Suisse se trouve derrière vous.

Ah mais c’est complètement le cas. L’aura dont bénéficie Bernand Challandes, notre sélectionneur, c’est quelque chose. Les gens l’aiment tellement au Kosovo, et lui traite ses joueurs avec un tel égard. Il se passe vraiment quelque chose dans cette équipe.

Florian Vaney

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