Biathlon: Benjamin Weger a enfin vu le bout du tunnel
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BiathlonBenjamin Weger a enfin vu le bout du tunnel

Le Valaisan de 31 ans a signé dimanche son premier podium en Coupe du monde depuis 2012. L’aboutissement d’une longue quête, qui n’a parfois pas été loin de le décourager.

par
Brice Cheneval
Benjamin Weger fête sa troisième place à l’arrivée de la mass start d’Oberhof (Allemagne), dimanche.

Benjamin Weger fête sa troisième place à l’arrivée de la mass start d’Oberhof (Allemagne), dimanche.

AFP

Benjamin Weger sera au départ de l’individuel hommes d’Antholz-Anterselva (Italie), ce vendredi (13h15). Une course qu’il aborde avec légèreté et l’esprit libéré, pour la première fois depuis bien longtemps. Et ce grâce à sa troisième place acquise sur la mass start d’Oberhof (Allemagne), dimanche.

Cela faisait neuf ans que le Valaisan attendait de monter sur son cinquième podium individuel en Coupe du monde. Son dernier remontait au 11 février 2012, une éternité. «Je suis revenu à la normale, mais j’ai mis deux jours pour redescendre de mon nuage et réaliser ce qui s’est passé, raconte-t-il à l’autre bout du fil, le ton reposé et soulagé. J’ai atteint le but pour lequel je travaillais chaque jour depuis neuf ans. C’est un moment énorme, magnifique. À l’arrivée, j’étais juste heureux.»

Depuis 2012, Weger vivait avec une frustration récurrente. Nourrie, outre l’attente qui s’étirait jusqu’à n’en plus voir le bout, par la multiplication des places d’honneur. 4e (quatre fois), 5e (sept fois), 6e (six fois)... Le Suisse a très souvent échoué au pied de la montagne, mais il ne s’est jamais laissé décourager. «J’ai toujours eu confiance en ma capacité d’accrocher un podium, ça me motivait», dit-il.

Le point de rupture la saison dernière

Toutefois, le plafond de verre auquel il semblait se heurter a fini par l’entraîner dans une lassitude, la saison dernière. Motivé et ambitieux comme rarement dans sa carrière, le natif de Brigue-Glis s’était laissé emporter par son enthousiasme lors de la préparation: «Je m’étais surentraîné. J’ai commencé tout de suite par l’entraînement en altitude… Par conséquent, j’ai traîné ma fatigue toute la saison.»

Résultat: seulement trois top 10 en 19 courses individuelles et une décevante 30e place au classement général. «En compétition, je me sentais bien mais je n'allais pas vite. Je n’étais pas en mesure de me donner à 100%, je plafonnais à 90%. Ce n’était pas suffisant pour être compétitif», témoigne-t-il.

Usé par le biathlon, il décide de stopper sa saison prématurément, après les championnats du monde d’Antholz, fin février. Non par dégoût de son sport, mais dans l’optique de revenir dans sa meilleure forme en 2020-2021: «J’ai perdu un peu la foi la saison dernière, mais jamais totalement.»

Désireux de couper totalement avec la neige, Weger quitte son Valais pour se ressourcer à l’autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande, au côté de sa compagne. Au menu: pêche et randonnées durant deux mois. «Me retrouver seul avec ma copine et prendre uniquement du temps pour nous m’a permis de faire le plein de motivation, constate-t-il. Mais pas d’énergie (rire)! Au début de la préparation, c’était vraiment dur pour moi, les autres étaient bien plus forts. Mais je suis arrivé en début de saison pratiquement au top.»

«Je prends semaine par semaine. Ce qui me motive, c’est de prendre plaisir à faire mon sport. Je ne me mets pas de pression»

Benjamin Weger

Fort de son expérience passée, le Valaisan a moins forcé le trait à l’automne, s’octroyant de plus amples plages de récupération. L’encadrement a également évolué pendant l’été, Alexander Wolf remplaçant Jörn Wollschläger à la tête de l’équipe nationale suisse, offrant ainsi une approche différente.

Depuis le début de saison, Benjamin Weger récolte le fruit de ces changements. Déjà trois top 10, soit autant que l’hiver précédent dans sa totalité. «Les sensations ne sont pas bien meilleures mais je me sens plus rapide. Je suis très content de mes premières sorties.»

À 31 ans et après douze années de vécu dans le circuit, Weger ne veut plus s'embarrasser. Son cinquième podium tant espéré en poche, il est désormais guidé par un seul mot d’ordre: le plaisir. «Je suis un peu vieux maintenant (rire). Je prends semaine par semaine. Ce qui me motive, c’est de prendre plaisir à faire mon sport. Je ne me mets pas de pression.»

Actuellement 16e au classement général, il peut viser raisonnablement le top 15 en fin d’exercice. Et pourquoi pas terminer au-delà de la 14e place, le meilleur rang de sa carrière, établi en 2018-2019.

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