France: Benoît Hamon quitte le Parti socialiste
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FranceBenoît Hamon quitte le Parti socialiste

L'ancien candidat à la présidentielle souhaite reconstruire la gauche avec son «mouvement du 1er juillet».

«Je quitte un parti mais je n'abdique pas l'idéal socialiste», a déclaré Benoît Hamon. (Samedi 1 juillet 2017)

«Je quitte un parti mais je n'abdique pas l'idéal socialiste», a déclaré Benoît Hamon. (Samedi 1 juillet 2017)

AFP

Benoît Hamon, l'ancien candidat socialiste à la présidentielle française, a annoncé samedi à Paris son départ du Parti socialiste où il militait depuis trente ans. Il affirme vouloir s'atteler à la reconstruction de la gauche avec son «Mouvement du 1er juillet».

«Aujourd'hui, j'ai décidé de quitter le Parti socialiste. Je quitte un parti, mais je n'abdique pas l'idéal socialiste», a affirmé M. Hamon à l'occasion du lancement de son mouvement sur la pelouse de Reuilly, dans l'est de la capitale.

«Le parti socialiste a peut-être fait son temps. Il a eu des heures glorieuses, ma conviction est qu'aujourd'hui il est temps de tourner une page pour nous inscrire dans un processus comparable à celui d'Epinay», a poursuivi M. Hamon, en référence à la naissance du Parti socialiste en 1971.

Rassemblement indispensable

«Aux militants qui restent, je ne leur dis pas 'adieu' mais 'au revoir', 'à tout de suite' dans les combats que nous allons mener, car nous aurons à nous retrouver tous ensemble dans la grande famille de la gauche pour l'indispensable rassemblement, la future maison commune sans laquelle il n'y aura pas de victoire possible», a-t-il dit.

«Pour ma part, je vais m'atteler avec vous maintenant à participer à la reconstruction de la gauche», a dit l'ancien ministre de François Hollande qui souhaite que son mouvement soit l'une «des poutres sur laquelle la gauche doit être reconstruite».

Parmi les 11'000 personnes que Benoît Hamon a affirmé avoir réunies pour le lancement de son mouvement figuraient notamment les écologistes Cécile Duflot et Yannick Jadot, l'essayiste Raphaël Glucksmann, le journaliste Edwy Plenel ou encore l'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.

Des ténors appelés sans doute à jouer un rôle dans la reconstruction du PS, tels les anciens ministres Matthias Fekl et Najat Vallaud-Belkacem ou la maire de Paris Anne Hidalgo, étaient en revanche absents.

Etats généraux de la gauche

«Toutes celles et ceux qui sont ici pensent qu'il y a une majorité sociale dans ce pays qui vit sous la coupe d'une minorité sociale. Cette minorité sociale, c'est l'alliance qu'a réussie Emmanuel Macron de la vieille bourgeoisie et de la nouvelle bourgeoisie», avait affirmé M. Hamon à son arrivée sur le site.

«Notre objectif c'est que la majorité sociale d'ici cinq ans, et pour commencer d'ici 2020 aux élections municipales, redevienne une majorité politique», avait-il ajouté.

Sans prétendre à l'«hégémonie», la démarche de M. Hamon se veut «totalement ouverte» et veut «dépasser les partis». Il «propose de lancer à la rentrée de septembre un processus d'états généraux de toute la gauche (...) décentralisés, ouverts à toutes les composantes de la gauche politique, écologiste, citoyenne et sociale».

Descente aux enfers

Vainqueur de la primaire de la gauche en janvier au détriment de l'ancien Premier ministre Manuel Valls, Benoît Hamon n'a recueilli que 6,4% des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle, un score historiquement bas pour son camp. L'ex-député «frondeur» a ensuite été éliminé dès le premier tour aux législatives dans son fief de Trappes, dans les Yvelines.

Le PS ne compte que 31 députés dans la nouvelle Assemblée nationale, contre 284 dans la précédente. Après les échecs électoraux de ces derniers mois, le PS se voit contraint de repartir à zéro. Son premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis a décidé de démissionner pour laisser place à une direction collective.

Réélu député, Manuel Valls a quant à lui quitté le PS mardi pour s'inscrire dans la majorité présidentielle. Il siégera comme député apparenté au groupe La République en marche (REM) à l'Assemblée nationale.

Outre Benoît Hamon, d'autres ténors socialistes, comme la maire de Paris Anne Hidalgo et l'ancienne ministre Christiane Taubira, veulent oeuvrer à la renaissance de leur formation, laminée par le succès de la REM.

(ats)

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