Allemagne: Berlin menace d'interdire les meetings pro-Erdogan
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AllemagneBerlin menace d'interdire les meetings pro-Erdogan

Les tensions sont exacerbées entre la Turquie et plusieurs pays européens et plus particulièrement avec l'Allemagne qui menace d'interdire les rassemblements pro-Erdogan.

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(Archives) Est-ce un signe d'apaisement sur le front kurde ? Le chef du principal parti pro-kurde de Turquie a annoncé vendredi soir qu'il mettait un terme à une grève de la faim entamée le matin même pour protester contre des conditions de détention «inhumaines». L'ouverture d'un dialogue avec l'administration pénitentiaire a été finalement possible.

(Archives) Est-ce un signe d'apaisement sur le front kurde ? Le chef du principal parti pro-kurde de Turquie a annoncé vendredi soir qu'il mettait un terme à une grève de la faim entamée le matin même pour protester contre des conditions de détention «inhumaines». L'ouverture d'un dialogue avec l'administration pénitentiaire a été finalement possible.

AFP
Le ministre allemand des affaires étrangères Sigmar Gabriel: «Celui qui dépasse les limites ne doit pas croire qu'il peut propager ses vues politiques chez nous.» (18 mars 2017)

Le ministre allemand des affaires étrangères Sigmar Gabriel: «Celui qui dépasse les limites ne doit pas croire qu'il peut propager ses vues politiques chez nous.» (18 mars 2017)

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(Archives) Le premier ministre turc Numan Kurtulmus a annoncé la suspension des relations au plus haut niveau entre la Turquie et les Pays-Bas. (Lundi 13 mars 2017)

(Archives) Le premier ministre turc Numan Kurtulmus a annoncé la suspension des relations au plus haut niveau entre la Turquie et les Pays-Bas. (Lundi 13 mars 2017)

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Le ministre allemand des affaires étrangères a menacé samedi les dirigeants turcs de leur interdire de participer à des rassemblements en vue du référendum sur le renforcement des pouvoirs du président turc. Sigmar Gabriel en appelle au «respect» réciproque.

«Celui qui dépasse les limites ne doit pas croire qu'il peut propager ses vues politiques chez nous», a averti le chef de la diplomatie allemande dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel.

«Pas seulement la Turquie mais l'Allemagne aussi a droit au respect», a-t-il ajouté. «On peut critiquer l'Allemagne et aussi la politique allemande, même durement. Mais il y a des limites qui sont fixées par nos lois», a-t-il ajouté.

Les tensions sont exacerbées entre la Turquie et plusieurs pays européens, depuis que le président turc Recep Tayyip Erdogan a multiplié les charges verbales virulentes contre eux. Accusant Berlin de «pratiques nazies», il ne décolère pas depuis que plusieurs meetings prévus en Allemagne pour promouvoir le oui au référendum en Turquie du 16 avril prochain ont été interdits.

Plusieurs ministres turcs devaient participer à ces rassemblements mais les autorités locales allemandes ont argué de problèmes de sécurité pour justifier leur annulation. Jusqu'à présent, le président turc n'a pas prévu de se déplacer en personne en Allemagne pour promouvoir son référendum auprès des quelque 3 millions de Turcs ou personnes d'origine turque vivant dans le pays.

Absurde et abracadabrant

«Ce qui a été dit ces dernières semaines est si abracadabrant et absurde qu'il est difficile de continuer à les écouter», a encore affirmé Sigmar Gabriel, à propos des accusations de nazisme. «Je suis d'avis que nous ne devons pas répondre à toutes les provocations par une contre-provocation», a-t-il encore ajouté, estimant que cela servirait les intérêts de M. Erdogan.

«Il a besoin d'un ennemi pour sa campagne électorale: la Turquie humiliée et l'Occident hautain», selon le chef de la diplomatie allemande.

Le gouvernement allemand a également indiqué à plusieurs reprises qu'il ne souhaitait pas s'associer à «un concours de provocations», notamment vendredi quand un quotidien pro-gouvernemental turc a publié une photo de la chancelière Angela Merkel affublée d'une petite moustache et d'un uniforme nazi évoquant Adolf Hitler.

Peine de mort

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part affirmé samedi s'attendre à ce que le parlement de son pays approuve le rétablissement de la peine capitale après le référendum du 16 avril sur l'extension de ses pouvoirs.

«Les familles des martyrs, les familles de nos héros ne doivent pas s'inquiéter. Je crois, si Dieu le veut, que le parlement fera le nécessaire à propos de vos exigences sur la peine capitale après le 16 avril», a-t-il dit, ajoutant que lui approuverait le texte «sans hésiter».

(ats)

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