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Bunga bungaBerlusconi a falsifié des preuves et payé des témoins

Dans les attendus de son jugement, publiés jeudi par des médias italiens, le tribunal note «la capacité» de Silvio Berlusconi à «persister dans la délinquance».

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Le procès de Silvio Berlusconi, soupçonné d'avoir acheté plusieurs témoins de ses soirées débridées, a été reporté au 11 septembre après une brève audience technique. (Lundi 3 juillet 2017)

Le procès de Silvio Berlusconi, soupçonné d'avoir acheté plusieurs témoins de ses soirées débridées, a été reporté au 11 septembre après une brève audience technique. (Lundi 3 juillet 2017)

AFP
Silvio Berlusconi sera jugé à partir du 3 juillet pour avoir acheté des témoins des soirées «bunga-bunga». L'ancien chef du gouvernement italien est accusé d'avoir versé plus de 10 millions d'euros entre 2011 et 2015 de cadeaux... (5 avril 2017)

Silvio Berlusconi sera jugé à partir du 3 juillet pour avoir acheté des témoins des soirées «bunga-bunga». L'ancien chef du gouvernement italien est accusé d'avoir versé plus de 10 millions d'euros entre 2011 et 2015 de cadeaux... (5 avril 2017)

AFP
Au total 23 personnes, dont Karima El-Mahroug, dite «Ruby», sont renvoyées en justice dans un procès qui commencera le 11 janvier 2017 à Milan. (mercredi 19 octobre 2016)

Au total 23 personnes, dont Karima El-Mahroug, dite «Ruby», sont renvoyées en justice dans un procès qui commencera le 11 janvier 2017 à Milan. (mercredi 19 octobre 2016)

AFP

Silvio Berlusconi, condamné à sept ans de prison pour abus de pouvoir et prostitution de mineure dans l'affaire Ruby, n'a eu de cesse de falsifier des preuves et de corrompre des témoins, selon le tribunal de Milan.

Dans les attendus de son jugement, publiés jeudi par des médias italiens, le tribunal note «la capacité» du Cavaliere à «persister dans la délinquance», notamment par «l'altération systématique de preuves» et «l'achat de témoins».

Il est également prouvé, ajoutent les juges, que Silvio Berlusconi était le «metteur en scène des exhibitions sexuelles des jeunes femmes, celui qui donnait le feu vert aux dites soirées Bunga Bunga pendant lesquelles les invitées de sexe féminin devaient s'activer pour satisfaire ses désirs».

«Rapports sexuels avec Ruby»

Le 24 juin dernier, le magnat des médias a été condamné dans le cadre de l'affaire Ruby, surnom de la jeune Marocaine objet des attentions du Cavaliere. Outre la peine de prison, il s'est vu infliger une interdiction à vie d'exercer un mandat public.

Il a fait appel et un nouveau procès est prévu pour 2014. Selon les juges, «il est prouvé» qu'il «a eu des rapports sexuels avec Ruby en échange d'argent ou d'objets de valeur, comme des bijoux».

Compte tenu de la chronologie des faits, des documents fournis au cours du procès et des débats, il résulte, «sans aucun doute possible, que le condamné était conscient que Ruby était mineure».

La jeune Marocaine était «bien insérée» dans le système de prostitution mis en place à Arcore, dans la villa de l'ancien chef du gouvernement, disent les juges, qui notent également les «fortes pressions» exercées par Silvio Berlusconi pour que l'affaire ne s'ébruite pas.

Fêtes débridées

Ainsi, il a été prouvé que, dans la nuit du 27 au 28 mai 2010 pendant laquelle Ruby avait été arrêtée pour un vol présumé, Silvio Berlusconi, alors chef du gouvernement, avait «appelé le chef de cabinet de la préfecture pour obtenir la libération de la jeune fille».

Le Cavaliere, qui se trouvait alors à Paris, avait affirmé que la jeune fille était la nièce du président égyptien de l'époque Hosni Moubarak, «n'hésitant pas à utiliser ses fonctions dans un intérêt totalement privé», ajoutent ainsi les juges.

L'aspirante starlette a participé entre février et mai 2010 à des fêtes débridées données par le Cavaliere, dans lesquelles il l'aurait inondée d'argent et de cadeaux alors qu'elle avait seulement 17 ans.

Prendre connaissance du jugement rendu par le Tribunal de Milan (en italien)

(AFP)

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