25.06.2013 à 10:30

Revue de presseBerlusconi promet de «résister»

Au lendemain de la condamnation de Silvio Berlusconi dans le procès du Rubygate, la presse italienne se déchaîne. Il Cavaliere, lui, semble ne pas se démonter.

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Le procès de Silvio Berlusconi, soupçonné d'avoir acheté plusieurs témoins de ses soirées débridées, a été reporté au 11 septembre après une brève audience technique. (Lundi 3 juillet 2017)

Le procès de Silvio Berlusconi, soupçonné d'avoir acheté plusieurs témoins de ses soirées débridées, a été reporté au 11 septembre après une brève audience technique. (Lundi 3 juillet 2017)

AFP
Silvio Berlusconi sera jugé à partir du 3 juillet pour avoir acheté des témoins des soirées «bunga-bunga». L'ancien chef du gouvernement italien est accusé d'avoir versé plus de 10 millions d'euros entre 2011 et 2015 de cadeaux... (5 avril 2017)

Silvio Berlusconi sera jugé à partir du 3 juillet pour avoir acheté des témoins des soirées «bunga-bunga». L'ancien chef du gouvernement italien est accusé d'avoir versé plus de 10 millions d'euros entre 2011 et 2015 de cadeaux... (5 avril 2017)

AFP
Au total 23 personnes, dont Karima El-Mahroug, dite «Ruby», sont renvoyées en justice dans un procès qui commencera le 11 janvier 2017 à Milan. (mercredi 19 octobre 2016)

Au total 23 personnes, dont Karima El-Mahroug, dite «Ruby», sont renvoyées en justice dans un procès qui commencera le 11 janvier 2017 à Milan. (mercredi 19 octobre 2016)

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Cette fois-ci et les commentateurs l'ont relevé comme un «signal négatif», Silvio Berlusconi n'a pas réitéré son appui à l'Exécutif après sa condamnation lundi à sept ans de prison et une interdiction à vie d'exercer un mandat public pour avoir rémunéré les prestations sexuelles de la mineure Ruby et fait pression sur la préfecture de Milan pour la faire relâcher après une interpellation.

La semaine dernière, quand la Cour constitutionnelle avait rejeté un important recours qu'il avait déposé pour faire annuler sa condamnation à un an de prison et surtout à une interdiction de cinq ans de tout mandat public, pour fraude fiscale dans le procès Mediaset, le Cavaliere avait dénoncé «une persécution judiciaire sans précédent» mais s'était empressé d'assurer de son «soutien loyal» le gouvernement Letta, le premier en Italie unissant gauche et droite.

Lundi, il a réagi avec vigueur dénonçant un verdict «d'une violence inusitée» et promis de «résister» face à ceux qui cherchent «à l'éliminer de la vie politique». Et ses avocats ont déjà annoncé des recours en appel, et en Cassation si nécessaire.

«Castrer Berlusconi»

Pour Stefano Folli, éditorialiste politique du Sole 24 Ore, «rien ne sera plus comme avant, le gouvernement ne tombera pas mais il ne sera pas épargné par la tempête» parce que même s'il ne s'agit que d'un jugement de première instance, «il y a la dimension politique du problème».

«Il est plausible que la pression du centre droit augmentera sur les points de programme qui sont ses chevaux de bataille: la (non augmentation de la) TVA, la (suppression de la) taxe foncière sur la résidence principale», a-t-il ajouté.

Daniela Santanché, une des égéries du camp Berlusconi, a annoncé la couleur: «si Letta continue comme ça, il va sauter sur les questions économiques: il doit aller à Bruxelles dire que l'Italie ne peut pas se crucifier pour le plafond des 3% (de déficit) qu'il faut dépasser pour relancer la croissance».

Et la presse fidèle à Berlusconi est déchaînée: «les trois juges communistes ont voulu castrer Berlusconi», a titré le quotidien Libero, tandis que Il Foglio a appelé à une manifestation à Rome sous un dessin satirique intitulé «Nous sommes tous des prostituées» pour dénoncer un verdict "inspiré par un moralisme hypocrite».

Massimo Franco, commentateur politique du Corriere della Sera, a qualifié les ennuis judiciaires de Silvio Berlusconi de «bombe à retardement» pour le gouvernement, évoquant une prochaine étape à l'automne quand la Cour de cassation pourrait confirmer le verdict Mediaset qui aboutirait à bannir M. Berlusconi de la vie politique pendant cinq ans.

Toutefois, dans l'immédiat, il ne se passera sans doute rien, selon les politologues qui vont scruter avec intérêt les résultats d'une entrevue programmée mardi soir entre M. Letta et Silvio Berlusconi.

Berlusconi, un chat à 7 vies

Berlusconi «est un chat à sept vies, je suis curieux de voir ce qu'il va s'inventer cette fois. Je ne pense pas qu'il retirera son soutien au gouvernement car il n'y a pas intérêt», a commenté à l'AFP-TV Raffaele Lanzia, un Romain de 46 ans.

Effectivement, les politologues ne parient pas sur une chute rapide du gouvernement d'abord parce que ce ne serait pas obligatoirement synonyme d'élections, le PD de M. Letta pouvant très bien nouer une alliance avec les déçus du Mouvement contestataire Cinq Etoiles de l'ex-comique Beppe Grillo.

Autre raison: en cas d'élections, le centre gauche pourrait lancer en orbite le maire de Florence Matteo Renzi, qui, selon un récent sondage pourrait obtenir 41% des suffrages laissant la droite, même avec le Cavaliere à sa tête, 10 points en arrière.

Pour Marcello Sorgi, éditorialiste de la Stampa, le risque est que le gouvernement reste "comme suspendu en l'air (...) sans marge de manoeuvre politique et sans la force nécessaire pour affronter la gravité" de la récession dans laquelle est plongé le pays.

Or, comme le note son collègue Massimo Gramellini, connu pour sa plume ironique, «plus que Ruby ou (Josefa) Idem (une ministre qui vient de démissionner pour ne pas avoir déclaré un impôt foncier), ce qui ôte le sommeil aux Italiens ce sont les crédits à rembourser et trouver un emploi à leurs enfants».

(AFP)

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