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FootballBernard Challandes: «On flanque notre sport en l'air»

L'entraîneur de Thoune, qui doit recevoir Servette samedi, n'est pas tendre avec les dirigeants qui ne tiennent pas leurs promesses.

par
Renaud Tschoumy
Keystone

Bernard Challandes, vous avez entraîné Servette en 1995. Comment réagissez-vous au dépôt de bilan de Servette?

Ca me rend fou qu'on vive encore une fois ce genre d'histoires, un mois aprèsè la faillite de Xamax. Il m'apparaît incompréhensible que, dans une ville comme Genève ou une région comme Neuchâtel, on n'arrive pas à trouver quelqu'un pour gérer un club correctement, quelqu'un qui se contente de vouloir trouver six à huit millions de francs par saison pour, tout simplement, bien vivre en Super League. On est en train de flanquer notre sport en l'air, et plus on aura d'exemples de ce type, moins il y aura de personnes prêtes à s'investir.

A qui la faute?

Je crois qu'une nouvelle fois, il faut se demander qui on est et comment on doit agir. On n'est peut-être qu'en Suisse, mais c'est un bon petit championnat. Un match comme Young Boys - Bâle aurait été un bon match en Allemagne ou en France. Mais arrêtons de vouloir être adultes sans passer par l'adolescence. Arrêtons de rêver de Ligue des champions quand on sait qu'on n'en a plus les moyens. Le football a changé. Thoune en Ligue des champions comme en 2005, c'est fini. Aarau champion comme en 1993, c'est fini aussi. C'est peut-être triste, mais c'est comme ça.

Samedi, votre équipe reçoit Servette, justement...

Un match une nouvelle fois particulier en fonction des circonstances, et où la tactique passera au second plan. Malheureusement, encore une fois. Et tout ça par la faute de personnes qui ont des rêves de grandeur, et qui ne savent pas faire preuve de la rigueur et du sérieux voulus. Le pire, c'est de constater que la faillite de 2005 avec Marc Roger n'a servi à rien, puisque les mêmes erreurs ont été commises.

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