12.11.2015 à 12:02

AsileBerne contre un traitement particulier des Erythréens

Les requérants ne devraient plus obtenir le statut de réfugié. Ils devraient être admis à titre provisoire (permis F) ou comme personnes à protéger (permis S).

Réserver aux Erythréens le statut de «personnes à protéger» pourrait être contreproductif, estime le Conseil fédéral.

Réserver aux Erythréens le statut de «personnes à protéger» pourrait être contreproductif, estime le Conseil fédéral.

ARCHIVES, Keystone

Les Erythréens ne devraient pas se voir en principe refuser l'asile en Suisse. Chaque requérant d'asile a droit au traitement individuel de son dossier et réserver aux Erythréens le statut de «personnes à protéger» pourrait être contreproductif, estime le Conseil fédéral.

Le gouvernement rejette une motion du groupe libéral-radical. Ce dernier avait déjà interpellé le gouvernement au printemps sur sa politique à l'égard des Erythréens. Les opinions divergent sur le respect des droits de l'homme en Erythrée, reconnaît le PLR. Mais il est fort possible qu'à long terme, le pays respecte mieux ces droits et qu'un retour soit possible sans risque.

Les requérants ne devraient donc plus obtenir le statut de réfugié. Ils devraient être admis à titre provisoire (permis F) ou comme personnes à protéger (permis S). Environ 40% des Erythréens ayant demandé l'asile depuis 2010 ont déjà vu leur demande refusée. Ils ont reçu uniquement une admission provisoire, car leur renvoi au pays ne peut être exigée, répond le Conseil fédéral.

La possibilité d'octroyer le statut de personnes à protéger n'a jamais été utilisée. Ce statut avait été mis en place en 1998 dans le contexte de la guerre des Balkans pour soulager à court terme le système d'asile en cas d'afflux de masse.

Regroupement familial facilité

Les demandes d'asiles en Suisse sont plus nombreuses actuellement, mais les structures ordinaires maîtrisent la situation, juge le gouvernement. Mettre en place un statut S pourrait en outre occasionner un surcroît de travail notable à long terme. Les demandes d'asile ne sont que suspendues et les concernés peuvent requérir leur traitement au bout de cinq ans.

Les bénéficiaires d'une protection provisoire ont par ailleurs droit au regroupement familial. Contrairement aux personnes admises provisoirement, ils ne doivent pas attendre trois ans pour faire venir une leur famille en Suisse. Un argument qui devrait convaincre les parlementaires du PLR et de l'UDC qui ne cessent de plaider pour un durcissement du regroupement familial.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!