Parlement - Berne devra développer l’offre en trains de nuit
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ParlementBerne devra développer l’offre en trains de nuit

Le National a accepté un postulat du Centre demandant au Conseil fédéral d’élargir l’offre existante et d’améliorer l’attractivité des trains de nuit.

par
Christine Talos
Selon le Conseil fédéral, les CFF travaillent déjà à élargir l’offre en voyages internationaux et en trains de nuit.

Selon le Conseil fédéral, les CFF travaillent déjà à élargir l’offre en voyages internationaux et en trains de nuit.

AFP

Le Conseil fédéral remettra sur les rails le développement des trains de nuit. Le Conseil national a en effet adopté par 123 voix contre 61 un postulat de 2019 défendu par Stefan Müller-Altermatt (Centre/SO) qui demandait au gouvernement d’élargir l’offre existante et de rendre ce moyen de transport plus attrayant.

On devrait assister en Suisse comme ailleurs à un changement de comportement en matière de mobilité, particulièrement dans le transport international de voyageurs. Il devrait bénéficier au rail, vu l’importance croissante du développement durable et de la préservation du climat, soulignait la motion. «Le transport international de voyageurs peut croître davantage encore. L’extension des liaisons ferroviaires de nuit est un moyen parmi d’autres d’exploiter ce potentiel», estime le postulat. «En outre, c’est un bon moyen d’utiliser les lignes sous-exploitées la nuit des CFF», a ajouté Stefan Müller-Altermatt. Il a aussi évoqué la pollution moindre engendrée par le train par rapport à d’autres moyens de transport, avant de raconter avec entrain ses propres pérégrinations et souvenirs en train de nuit avec sa famille.

«Au final, on prendra plus l’avion!»

Le postulat était combattu par l’UDC. Alfred Heer (UDC/ZH) a accusé Stefan Müller-Altermatt de vouloir au final augmenter la mobilité en Suisse. «C’est une erreur de raisonnement. Vous voulez en fait opposer le train à l’avion. Vous imaginez le jour où les trains coûteront moins cher que l’avion, ce qui obligera les compagnies d’aviation à baisser leurs tarifs. Et ce jour-là, on prendra au final plus l’avion qu’aujourd’hui!» a-t-il expliqué. Le sénateur UDC a rappelé que le train aussi polluait. «Si vous ne voulez pas augmenter les émissions de CO₂, restez à la maison! Ou alors roulez à vélo! Vous verrez des beaux paysages et en plus ce sera bon pour votre santé», a-t-il lancé.

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga s’est amusée de la tournure du débat. «Je ne crois pas que l’auteur de la motion s’attendait à ce qu’un débat fondamental sur la mobilité surgisse ici et que les gens soient soudainement contre cette mobilité», a-t-elle ironisé.

Plus sérieusement, elle a assuré que le Conseil fédéral acceptait volontiers d’examiner comment accroître l’attractivité des trains de nuit. «Ils sont devenus une forme alternative de voyage très demandée par la population», a-t-elle relevé en racontant qu’elle avait voyagé de nuit en train pour se rendre à Vienne lors de sa première visite à l’étranger en tant que présidente de la Confédération. En outre, la loi sur le CO₂, que vient de rejeter le peuple, prévoyait déjà d’allouer des fonds au développement international des trains de nuit. Accepter le texte permet de donner un signal important à la population et de montrer que tout n’est pas simplement arrêté maintenant.

Nouvelles lignes internationales en vue

La Bernoise a encore expliqué que les CFF étudiaient déjà la possibilité de développer de nouvelles liaisons internationales. Ils prévoient même d’étendre prochainement les services de nuit en Autriche, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie ou encore en Espagne. De nouveaux services vers Amsterdam sont prévus à partir de décembre 2021, a-t-elle encore dévoilé. Toutefois une nouvelle expansion du réseau avec du nouveau matériel roulant ne sera probablement pas possible avant le changement d’horaire de 2024, a précisé la cheffe du département des transports.

À noter que le degré de couverture des coûts des trains exploités par les CFF se situe actuellement en dessous de 50%. En outre, alors qu’en Autriche, aux Pays-Bas et en Suède, les trains de nuit sont soutenus par l’État, il n’en est rien en Suisse. Les Pays-Bas et la Suède ont d’ailleurs annoncé leur volonté d’allouer une aide substantielle en faveur du trafic de nuit, dans le cadre de leurs programmes de préservation du climat, rappelle la motion.



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