Diplomatie – Berne pourrait bien n’envoyer aucun conseiller fédéral aux JO de Pékin
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DiplomatieBerne pourrait bien n’envoyer aucun conseiller fédéral aux JO de Pékin

Le Conseil fédéral n’a toujours pas décidé qui représenterait la Suisse en Chine. Son porte-parole évoque la présence d’un ministre mais laisse la porte ouverte à une défection.

Ignazio Cassis, en tant que président de la Confédération, devrait se rendre en Chine. Mais il pourrait refuser d’y aller.

Ignazio Cassis, en tant que président de la Confédération, devrait se rendre en Chine. Mais il pourrait refuser d’y aller.

Chantal Dervey

Alors que la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques débute le 4 février à Pékin, le Conseil fédéral n’arrive toujours pas à décider comment se faire représenter officiellement lors des cérémonies. Si d’habitude, c’est au président de la Confédération de s’y coller, cette année, Ignazio Cassis, président en exercice, ne serait pas du tout motivé à se rendre en Chine, selon le Tages-Anzeiger de ce mercredi.

Le sujet était au menu de la première séance des sept Sages, ce mercredi. Et le porte-parole du gouvernement, André Simonazzi, a annoncé à la presse à Berne qu’ils n’avaient toujours rien décidé. «Le Conseil fédéral est d'avis qu'il est approprié d'être représenté aux cérémonies des JO par un membre du Conseil fédéral», a-t-il expliqué. Avant d’ajouter cette phrase sibylline: «Cependant le Conseil fédéral décidera à court terme définitivement de sa délégation en raison de l'évolution de la pandémie en Suisse et dans le monde et de la nécessité dans ce contexte de sa présence en Suisse». Comprenez: Berne se réserve l’option de ne pas aller à Pékin à la dernière minute sous prétexte de la situation épidémiologique dans notre pays...

Appel au boycott

Il faut dire que ces JO sont particuliers puisque les États-Unis ont appelé à leur boycott en raison des violations des droits de l’homme par Pékin. Un boycott que le Royaume-Uni, le Canada ou l’Australie vont suivre. Et en Suisse, les Verts, eux aussi, le réclament. Mais le Conseil fédéral, interpellé en décembre par une parlementaire sur sa participation aux JO, avait répondu que la Suisse ne boycotterait pas les Jeux et qu’il «commenterait ultérieurement sa représentation officielle».

Selon le Tagi, Ignazio Cassis serait tout sauf chaud pour aller en Chine. Pour deux raisons: d’abord parce qu’une participation du président de la Confédération serait un signal trop amical à l’égard de Pékin. Puis parce que les restrictions sanitaires à cause du Covid sont telles qu’il ne sera possible de rien faire ou presque sur place.

Samuel Schmid évoqué

Mais n’envoyer personne serait très mal vu là-bas, sans parler que le boycott ne fait pas partie de la diplomatie suisse. Du coup, le Conseil fédéral chercherait une solution. Viola Amherd, cheffe des Sports, pourrait se rendre à Pékin. Mais la Valaisanne ne serait pas plus motivée que son collègue tessinois à aller en Chine. Alain Berset, vice-président, pourrait faire l’affaire aussi. Mais, lui aussi peut prétexter le Covid pour décliner.

D’autres possibilités auraient été pressenties. Ainsi le nom de la secrétaire d’État Livia Leu circule, tout comme celui de l’ancien président de la Confédération Samuel Schmid. L’ex-ministre des Sports, 75 ans, a en effet déjà représenté la Suisse officielle aux Jeux paralympiques de Corée du Sud en 2018. Mais, si l’on en croit André Simonazzi ce mercredi, ces options devraient être écartées. A moins que la pandémie soit le prétexte pour la Suisse d’envoyer des «seconds couteaux» en Chine. Pékin pourrait alors peut-être passer l’éponge sur cet «affront» diplomatique...

(cht)

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