16.12.2016 à 14:02

Enseignement des languesBerne renonce à forcer la main aux cantons

L'Etat interviendra uniquement si un canton décide de ne pas enseigner de seconde langue nationale au primaire.

Le gouvernement avait présenté plusieurs variantes d'intervention fédérale.

Le gouvernement avait présenté plusieurs variantes d'intervention fédérale.

Keystone

Le Conseil fédéral renonce pour l'instant à s'imposer face aux cantons concernant les langues enseignées à l'école. Mais il se réserve le droit de relancer la machine si l'apprentissage d'un deuxième idiome national dès l'école primaire devait être remis en cause.

Les conditions d'une réglementation fédérale ne sont pas réunies actuellement, a estimé vendredi le gouvernement. Il se prononçait au vu des résultats très chahutés de la consultation sur ses projets et des décisions prises ces derniers mois au niveau cantonal.

Mais le Conseil fédéral n'exclut pas toute intervention. Si un canton décide de ne pas enseigner de seconde langue nationale de manière continue du niveau primaire jusqu'à la fin de la scolarité obligatoire, le ministre de la culture Alain Berset prendra langue avec les cantons pour revoir la situation. Une rencontre aura lieu au plus tard au cours du second semestre 2017.

Harmonisation

En attendant, il faut tout entreprendre pour maintenir et développer l'harmonisation de l'enseignement des langues. Le Conseil fédéral s'était lancé dans la bataille le 6 juillet, après que certains cantons alémaniques avaient remis en question les leçons de français au degré primaire.

Une telle décision serait contraire à la stratégie des langues 2004, reprise dans le concordat HarmoS. Contraignante pour tous les cantons, elle prévoit que les élèves commencent à apprendre une première langue étrangère en 3e primaire au plus tard et une deuxième en cinquième. Au moins l'une des deux doit être une langue nationale.

Variantes

Le gouvernement avait présenté plusieurs variantes d'intervention fédérale. La première reprenait une initiative parlementaire de la commission de l'éducation du Conseil national. Elle se limitait à l'école primaire et prévoyait que l'enseignement de la deuxième langue nationale débute au plus tard en 5e primaire (soit la 7e année HarmoS).

La deuxième variante inscrivait la solution du concordat dans la loi. L'enseignement de la première langue étrangère devrait commencer au plus tard en 3e année (5e HarmoS) et celui de la deuxième langue étrangère au plus tard en 5e année (7e HarmoS).

L'une de ces deux langues devrait être une deuxième langue nationale et l'autre l'anglais. Dans la mesure où ils prévoient, en plus, l'enseignement obligatoire d'une troisième langue nationale, les cantons des Grisons et du Tessin pourraient déroger aux années de scolarité fixées pour l'introduction des deux langues étrangères.

La troisième option, préférée par le Conseil fédéral, prévoyait simplement que l'enseignement de la deuxième langue nationale devait débuter au primaire et durer jusqu'à la fin de l'école obligatoire.

Fronde alémanique

Les cantons alémaniques ont vivement critiqué l'intervention fédérale «disproportionnée», «prématurée» et " politiquement inpportune». La plupart ont rejeté les propositions du gouvernement. Selon eux, il est inacceptable que la Confédération empiète sur les compétences cantonales.

La menace d'un référendum a même été évoquée. Côté romand, le ton était plus nuancé. Au sein des partis, le PDC, le PBD, le PS et les Verts étaient acquis au principe d'une intervention fédérale, rejetée en revanche par l'UDC et le PLR.

(ats)

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