04.09.2020 à 13:51

CoronavirusBerne s’active en faveur de l’accès mondial au vaccin

La Suisse est en pourparlers avec des alliés internationaux pour garantir le fonctionnement de Covax, un instrument de financement visant à assurer un accès mondial à un vaccin contre le Covid-19.

Plus de 170 des 194 membres de l’OMS ont annoncé leur volonté d’être associés au dispositif Covax dans le cadre de l’élaboration d’un vaccin contre le coronavirus.

Plus de 170 des 194 membres de l’OMS ont annoncé leur volonté d’être associés au dispositif Covax dans le cadre de l’élaboration d’un vaccin contre le coronavirus.

KEYSTONE

La Suisse mène le dialogue pour faire fonctionner le dispositif d’accès mondial à un vaccin (Covax) contre le Covid. Berne doit décider de la couverture de population qu’elle veut atteindre avec ce mécanisme.

Il y a plus de quatre mois, l’OMS, le président français Emmanuel Macron ou encore la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avaient lancé un accélérateur pour garantir un accès équitable à un futur vaccin, mais aussi aux diagnostics et à des médicaments. Plusieurs organisations internationales de santé et de développement y sont associées.

Depuis, la Suisse a pris avec Singapour la tête d’un groupe d’amis pour garantir le fonctionnement du pilier vaccin de cette initiative. «Nous nous sommes engagés très tôt» aux côtés de pays qui ne sont pas considérés comme membres de blocs pour piloter les contours du Covax, a expliqué vendredi à Keystone-ATS une source proche du dossier.

Plus de 170 des 194 membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont annoncé leur volonté d’être associés à celui-ci, mais pas les États-Unis, la Chine ou la Russie, qui avancent unilatéralement vers un vaccin. Les États avaient jusqu’à fin août pour confirmer leur souhait de participer. Ils sont censés confirmer cette volonté mi-septembre et injecter leur premier paiement pour octobre.

UE pas entièrement claire

«La volonté politique est là», mais «cela prend du temps», affirme la source proche du dossier, qui mentionne des détails de gouvernance, des clarifications et des considérations techniques à résoudre. L’OMS elle-même adopte une approche plus flexible pour lutter contre la menace de nationalisme sur les vaccins.

La participation au dispositif reste «ouverte» parce que l’objectif est réellement que «chacun, partout, ait accès au vaccin» lorsque celui-ci sera commercialisé, a affirmé vendredi à la presse une porte-parole.

Alors que Donald Trump a promis un vaccin «cette année», la porte-parole a également dit qu’aucune vaccination généralisée n’est à attendre avant mi-2021, répétant des évaluations précédentes de l’OMS sur l’impossibilité d’obtenir un produit avant l’année prochaine. Pour le Covax, neuf candidats vaccins sont pour le moment dans le portefeuille.

Parmi les difficultés, l’Alliance mondiale contre les vaccins (GAVI), établie à Genève et qui pilote l’application opérationnelle du Covax, n’est pas habituée à un tel dispositif. Elle oeuvre seulement auprès des pays en développement. Il faut des ajustements, reconnaît la source proche du dossier.

Autre problème dans les négociations, l’attitude de l’UE est incertaine. Après avoir porté l’accélérateur contre le Covid, elle a dû faire face à des divisions alors que plusieurs de ses membres ont eux aussi décidé de sécuriser un vaccin pour eux-mêmes. Depuis, Bruxelles a annoncé il y a une semaine qu’elle injecterait 400 millions d’euros dans le Covax.

Probablement 10 millions pour la Suisse

Parmi les 170 États, plus de 90 pays pauvres auront accès à un vaccin grâce au financement de donateurs. Pour les plus aisés, comme la Suisse, il faudra payer une première enveloppe, complétée lorsque le prix du vaccin aura été négocié. Celui qui veut pouvoir choisir le produit parmi ceux qui seront disponibles doit déjà investir l’équivalent d’environ 2,90 francs par dose. Avec la moitié de ce montant, un vaccin lui sera imposé.

La Suisse va a priori s’engager sur le premier scénario, selon la source proche du dossier. Aucune décision n’a été prise, mais le Covax devrait être utilisé pour couvrir 20% de la population, ce qui correspond à un investissement de 10 millions de francs.

Mais Berne poursuit d’autres pistes en Suisse, bilatérales et avec l’UE pour pouvoir immuniser le moment venu le plus de citoyens possible. Et la Suisse ne mène pas les efforts internationaux que sur le vaccin. Avec le Botswana et Oman, elle a constitué un groupe de pays qui discutent de santé dans un format plus informel.

(ATS/NXP)

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